En souvenir de Jacques Doniol-Valcroze

Jeudi dernier, Nicole Berckmans-Doniol-Valcroze est venue m’interviewer à propos de son défunt mari, Jacques Doniol-Valcroze. Monteuse et réalisatrice, elle entreprend un documentaire sur cet homme disparu le 6 octobre 1989, et malheureusement oublié.

Doniol est mort dans des conditions à peine croyables, alors qu’il assistait à la projection d’un film de télévision dans le cadre du FIPA (festival de télévision, dont il était cette année-là le président du jury). La scène se déroule à Cannes dans la salle où se tient chaque année en mai le Festival de Cannes. Le film qu’il est en train de regarder, avant de succomber à une rupture d’anévrisme, est réalisé par Serge Leroy, Une saison de feuilles. Jacques Doniol-Valcroze y interprétait, aux côtés de Delphine Seyrig et Evelyne Bouix, le rôle d’un réalisateur… C’est à ne pas y croire : mourir en regardant un film dans lequel on joue soi-même le rôle d’un cinéaste, alors qu’on a longtemps été critique de cinéma (rappelons que Doniol-Valcroze fonda en 1951 les Cahiers du cinéma avec son ami André Bazin), puis réalisateur, relève de la fiction pure. Ou de la mise en abyme. C’est pourtant la vérité. Doniol n’avait que soixante-neuf ans.

Si Nicole Berckmans est venue m’interroger, c’est pour que je lui parle du Doniol-Valcroze que j’ai connu, il y a plus de trente ans, lorsque je faisais mes débuts comme critique et rédacteur aux Cahiers du cinéma. C’était en 1974. Fin de la période dite maoïste des Cahiers du cinéma. C’est une chance que j’ai pu connaître Jacques, qui n’aurait jamais dû être encore là. Quoique n’écrivant plus depuis des années, il était encore gérant et directeur de la publication. Tout le paradoxe, disons la dimension comique de la période la plus mouvementée, la plus radicale, la plus absurde aussi de cette revue, c’est que Doniol en ait encore été le gérant. « Si quelqu’un doit aller en prison, disait-il, en cas de plaintes ou de litiges, je préfère que ce soit moi ». Jacques avait un incroyable sens de l’humour et de la dérision.

Pour comprendre ce paradoxe, il faut remonter à la séquence précédente, celle qui, en octobre 1969, amène à un conflit ouvert entre la rédaction des Cahiers et le propriétaire, Daniel Filipacchi. Ce dernier, n’étant plus d’accord avec l’orientation rédactionnelle, décide de « faire grève », empêchant la parution du mensuel. Branle-bas de combat. Truffaut et Doniol mobilisent leurs amis et rachètent le titre à Filipacchi. La revue ne paraît pas entre novembre 69 et mars 70. Lorsque la revue paraît à nouveau, en mars 70, Doniol en est le directeur de la publication. Et il va le rester jusqu’en octobre 1978, date à laquelle nous lui avons succédé, Serge Daney et moi. Durant presque toutes ces années soixante-dix, il a continué d’assumer son rôle, protégeant en quelque sorte la revue contre elle-même, et contre ses dérives ultra gauchistes, alors qu’il n’en partageait aucun des partis pris.    

Il y a là une part d’insouciance, à n’en pas douter. J’y vois davantage le sens de la continuité et la fidélité aux origines.

C’est lui, Doniol, qui avait inventé le titre Cahiers du cinéma ; il nous avait d’ailleurs dit que cela n’avait emballé personne, à l’origine. Extraits de son journal :

Moi : Je propose : « Cahiers du cinéma ».

Bazin : Hum…

Keigel : Pourquoi : cahiers ?

Moi : Pourquoi pas ?

Keigel : C’est un truc d’écolier, pas un titre de journal.

Moi : Un cahier, c’est un assemblage de feuilles de papier réunies ensemble. Eh bien, nous, nous réunirons des feuilles sur le cinéma.

Bazin : Hum… évidemment, ce n’est pas un titre répandu.

Moi : Il y a eu les « Cahiers de la Pléiade » à la NRF.

Bazin : Il y a eu les « Cahiers de la Quinzaine » de Péguy.

Keigel : Ah…

Moi : Alors ?

Keigel : Non. Ce n’est pas une bonne idée. Désolé.

Bazin : Je ne suis pas chaud, chaud. Je me demande si… si « Cinématographe » n’est pas mieux.

Keigel : Ça fait scientifique… Pas commode à vendre.

Moi : Donc, vous refusez « Cahiers ».

Bazin : Ben… écoute, Jacques, on va réfléchir, en parler à Lo (Duca)… On a encore quelques jours…

Fin du dialogue. On en est là ».

Doniol partagea avec Bazin la responsabilité éditoriale. Davantage que Bazin, car celui-ci était souvent contraint d’aller soigner en sanatorium du fait de sa santé fragile. Et puis, les « Jeunes Turcs » sont arrivés, les Truffaut, Godard, Rivette et autres. Doniol fut sans doute désarçonné, décontenancé, agacé, par les partis pris critiques de la nouvelle génération. Né en 1920, il avait fait ses humanités – études de droit. Famille bourgeoise et protestante, culture littéraire qui le pousse à devenir écrivain. Un roman parut en 1955 chez Denoël : Les portes du Baptistère, qu’il dédie à son parrain, Philippe Fauré-Frémiet, philosophe et fils du compositeur Gabriel Fauré.  Auparavant, Doniol travaille aux côtés de Jean George Auriol à La Revue du cinéma, publiée par Gaston Gallimard. Auriol meurt lors d’un accident de voiture en 1948. C’est la fin de La Revue du cinéma. Doniol fréquente le Festival du Film Maudit créé à Biarritz par Cocteau, René Clément, Bazin et quelques autres. C’est sans doute là qu’il rencontre pour la première fois le jeune Truffaut, dix-huit ans à peine, protégé par Bazin. Quelques mois plus tard, en avril 1951 paraît le premier numéro des Cahiers, là où La revue du cinéma avait laissé un vide. Doniol et Bazin codirigent la revue. Deux ans plus tard, ils décident d’un commun accord de ne pas faire paraître le brûlot écrit par Truffaut : Une certaine tendance du cinéma français. Ils le jugent trop sévère envers des cinéastes considérés comme amis ou proches des Cahiers tels René Clément, Jean Grémillon ou Yves Allégret. Le texte demeure plusieurs mois dans un tiroir. Jusqu’à ce qu’il paraisse en janvier 1954, créant un choc critique absolument inédit.

Si l’on se reporte à ces Cahiers du cinéma de janvier 1954 (n° 31), il est bon de relire l’éditorial, non signé mais qui, à coup sûr, reflète la position et le style de Jacques Doniol-Valcroze (lequel fait paraître en ouverture de ce même numéro un long texte intitulé Déshabilla
ge d’une petite bourgeoise sentimentale
, consacré à l‘image timoré de la femme dans le cinéma français). Que dit cet éditorial ? Il dit exactement ceci : « On nous accusera peut-être d’injustice ou de lèse-majesté à l’égard de certains des artisans les plus réputés du cinéma. Et certes, il y a toujours quelque injustice à mettre en jugement le « travail » des autres. C’est pourquoi nous n’entendons pas déprécier ce « travail » ou méconnaître le talent mais, en prenant quelque altitude, connaître des intentions et peser les influences.

Nous acceptons volontiers de voir récuser la forme pamphlétaire de certaines appréciations mais nous espérons qu’au-delà du ton, qui n’engage que les auteurs, et en dépit peut-être de tels jugements particuliers, toujours individuellement contestables et sur lesquels nous sommes loin d’être tous en accord, on reconnaîtra au moins une orientation critique, mieux : le point de convergence théorique qui est le nôtre. »

Doniol-Valcroze sera plus précis, des années plus tard, et surtout plus lucide. Quoique en désaccord avec le texte de Truffaut, il décide avec Bazin de le faire paraître, conscient que ce texte serait décisif pour l’avenir des Cahiers. Toute la position de Doniol-Valcroze se résume là. Tout en n’étant pas d’accord, il assume. Et il permet. Cela lui compliquera la vie, mais il sait que le tournant polémique que prend dès lors la revue la sauve du même coup, en lui assurant un meilleur avenir commercial. Cela n’est pas entièrement de son goût, lui, l’homme cultivé et courtois, en un mot stendhalien ; mais il couvre et va couvrir tout au long de ces années tumultueuses le nouveau courant critique des Cahiers du cinéma.

En 1989, à la mort de Doniol, Eric Rohmer écrivit un beau texte, juste et élégant. Je le cite (Cahiers du cinéma n°425, novembre 1989): « Il avait un vrai talent de diplomate, et aurait pu faire une belle carrière, dans la Carrière avec un grand C, comme Gary ou Régis-Bastide. Il avait toutes les qualités requises : une extrême politesse, une extrême distinction, un art de concilier. Si j’emploie le mot diplomate, c’est sans connotation péjorative : il n’y avait rien de rusé ni d’hypocrite chez lui. Cette tolérance faisait qu’il savait parler aux gens, elle lui permettait d’aimer des choses très différentes de lui. Son ami Pierre Kast, avec qui il partageait beaucoup d’idées, était plus dogmatique. Il avait une très grande amitié pour Truffaut, ainsi que pour Godard dont, je crois, il connaissait la famille.

Diplomate et courtois, élégant et plein d’humour, généreux et gros travailleur (durant des années, c’est lui qui fabriquait les Cahiers, avec l’aide de sa première femme, Lydie Mahias), écrivain au style stendhalien, cinéaste (L’Eau à la bouche, Le Viol, La Dénonciation, La Maison des Bories ou encore L’Homme au cerveau greffé), et homme de télévision, acteur dans de nombreux films (chez Kast et Robbe-Grillet, entre autres), signataire du « Manifeste des 121 » pendant la Guerre d’Algérie, mendésiste sur le plan des idées politiques, défenseur de Langlois, fondateur en 1968 de la SRF et l’année suivante de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, Jacques Doniol-Valcroze était un véritable honnête homme. Ce qu’il a fait tout au long de sa vie mérite d’être redécouvert. J’ai eu la chance de le connaître et de l’apprécier. Plus que ça : je l’ai aimé.

 

 

 

20 Réponses à “En souvenir de Jacques Doniol-Valcroze”

  1. najehsouleimane a écrit :

    Serge Toubiana, vous avez le don de faire revivre toutes les personnes dont vous évoquez le souvenir. Vous avez aussi le don de nous les faire aimer. Au point que l’on regrette de n’avoir pas vécu cette époque-là dont vous parlez, mais la nôtre où il ne se passe rien de passionnant. Ou si peu. Voilà que vous nous donnez la curiosité d’en connaître beaucoup plus sur Doniol-Valcroze…

  2. DE COURCELLE a écrit :

    Bonjour,
    Cela fait 5 ans que je recherche le film (pour des raisons très personnelles) : Une saison de feuilles.
    Je ne parviens pas à l’obtenir, pourriez-vous me donner une piste pour me le procurer, s’il vous plait ?
    Salutations
    F. de Courcelle

  3. eric vandewalle a écrit :

    Merci pour cette évocation de JDV , peut-être mériterait-il un jour une rétrospective car ses longs-métrages et ses feuilletons étaient loin d’être mauvais… (La Maison des Bories, Venise en hiver…), et puis sa personnalité (fidélité a Jean George Auriol, discrétion, rôle fédérateur…) mérite bien un film et peut être une bio…

    cordialement,

    Eric Vandewalle

  4. Philippe Lécuyer a écrit :

    Un grand merci pour ce portrait vibrant d’un homme que je ne connaissais que de nom… parmi les noms cités dans l’épisode du titre « Cahiers du cinéma » il y a un certain Keigel… s’agit-il de Leonide Keigel ou de Léonard Keigel ?… et où puis je trouver des informations sur ce dernier (autre que la filmo d’IMDB)?
    merci

  5. Serge Toubiana a écrit :

    Leonide Keigel a participé au financement des Cahiers du cinéma lors de leur création en avril 1951. Si vous consultez le premier numéro de la revue, vous constaterez le nombre important de pages publicitaires. C’était vraisemblablement l’apport essentiel de L. Keigel, disons le soutien économique ou logistique au projet développé par André Bazin et Jacques Doniol-Valcroze. S.T.

  6. Philippe Lécuyer a écrit :

    Merci pour ces précisions… mais pouvez-vous me dire quel lien – ou pas – de parenté unit Léonid et Léonard Keigel? J’avoue que je suis à la recherche d’infos au sujet de Léonard Keigel.
    Cordialement,
    Philippe Lécuyer

  7. Serge Toubiana a écrit :

    Il y a un lien de parenté entre les deux hommes, je crois que Leonid Keigel était le beau-père du cinéaste Léonard Keigel. A propos de ce dernier, vous pouvez aisément trouver les principaux éléments de sa filmographie : il a été assistant de René Clément (Jeux interdits, Monsieur Ripois, Gervaise, Barrage contre le pacifique), puis il a réalisé ses propres films, dont un portrait d’André Malraux (1957). Ensuite : Léviathan (d’après le roman de Julien Green, 1961), La Dame de pique (d’après Pouchkine, 1965), Qui ? (avec Romy Schneider et Maurice Ronet, 1970), Une femme, un jour (1975). S.T.

  8. danièle gibrat a écrit :

    bonjour, un de mes amis m’a parlé hier de Doniol-Valcroze, mais comme compositeur(?), en mentionnant une pièce vocale très singulière, une chorale étrange et saisissante (ça lui faisait penser à Henri Darger). Est-ce que cela vous dit quelque chose ?
    Cordialement,
    Danièle Gibrat

  9. Nicole D.-V. Berckmans a écrit :

    Je réponds à Danièle Gibrat. Vous confondez avec un compositeur suisse Emile Jacques-Dalcroze qui est surtout célèbre pour avoir créé une école rythmique. C’était un ami du grand père Valcroze de Jacques Doniol-Valcroze et qui, aimant beaucoup ce nom, voulait le lui « emprunter » ! Le grand père lui aurait dit : « D’accord mais tu changes une lettre ! » En tous cas, c’est ce que Jacques racontait…

  10. Serge Toubiana a écrit :

    Le film de Nicole Berckmans-Doniol-Valcroze est diffusé ce samedi 23 mai 2009 sur Ciné Classic, puis fera l’objet de plusieurs rediffusions. A voir absolument. S.T.

  11. Mauve a écrit :

    En lisant votre article sur Jacques Doniol-Valcroze, j’ai eu l’étrange sensation de l’avoir connu (autrement que par ses oeuvres), qu’il avait toujours sa place dans notre monde « en panne de créativité ».
    Donc merci, merci, merci ! Avez-vous une idée du moyen de se procurer « Venise en hiver  » ?
    Par avance merci…

  12. Serge Leroy. a écrit :

    Lacan pourrait-il m’expliquer si je suis, dans l’homonymie coupable que je viens de me découvrir sans le savoir, donc d’une manière purement inconsciente, lié « sémantiquement » désormais, voire nominalement ou nominativement, à une causalité que nous ne pourrons interpréter que dans une connaissance plus étendue de la structuration des événements par le langage, « science » encore incomplète, et que, il nous faut l’espérer, nous acquerrons sans doute un jour, ou bien encore beaucoup plus tard ?

    Ou nous faut-il d’ores et déjà en rester là, et préférer ne rien interpréter, afin de ne pas, ou de ne jamais se tromper ?

    Mais nous sommes 150 Serge Leroy environ en France à être individuellement sans doute coresponsables.

    À moins qu’il ne nous faille nous prendre plutôt, ou nous considérer toujours dorénavant, comme une masse dé-nommée indistincte, c’est à dire, en jouant un peu plus que de coutume sur les mots, un groupe nominal auquel on aurait enlevé ou retiré le nom de tous ceux qui en fait le compose ?

    Merci pour ce fort intéressant petit article.

    Serge Leroy.

  13. Thierry Tirbois a écrit :

    Cher M. Toubiana,
    Merci pour cet article plein de gentillesse et d’élégance, à l’instar de celle de J Doniol-Valcroze, qui émerge de tous les commentaires recueillis dans ce beau portrait réalisé en 2008 par Mme Nicole D.-V. Berckmans. Emouvant et passionnant. Filiation cinéphilique avec Bazin, tolérance à l’égard des « jeunes turcs » des « Cahiers… » qui n’ont pour lui que mots aimables (Godard, Chabrol, Truffaut…). Un regret toutefois, la non publication de ses carnets et journaux, car c’était aussi un grand littérateur et un épistolier, du moins à ma connaissance. Enfin, la difficulté de trouver l’intégralité de son oeuvre cinématographique en DVD (Le Viol, par ex.). Rendons hommage à Doniol-Valcroze, « entrepreneur de morale » de la nouvelle vague comme dirait le sociologue HS Becker!

  14. cviic ivo mario a écrit :

    Jacques Doniol Valcroze, Pierre Kast cela me laisse rêveur ! Je ne puis les dissocier!
    J »aurais aimé les connaitre, leur parler. je suis sur leur piste , 30, 40, 50 ans après.Retrouver l’atmosphère parisienne des années 60, les délicieux marivaudages, l’élégance..Rohmer a très bien parlé de Jacques Donilol Valcroze… En cherchant bien,on trouve quelques interview, extraits video par l’ina, une bio de Kast dans un petit livre et des films rares. Pourquoi LE BEL AGE, VACANCES PORTUGAISES par exemple sont in-trou-vables.J’ai réussi a acheter sur un site américain, – c’est absurde – LA MORTE SAISON DES AMOURS. En France, un double DVD – LA DENONCIATION et L EAU A LA BOUCHE sont « trouvables ». Au prix fort, on peut trouver LES SOLEILS DE L ILE DE PAQUES, LA MAISON DES BORIES; quel dommage, cet oubli !
    Redécouvrons, faisons connaitre ces deux aristocrates du CINEMA FRANCAIS !! I.M.CVIIC

  15. serge toubiana a écrit :

    Cela dépend des éditeurs vidéo, des droits sur ces films. Ce n’est jamais simple, en effet. Vous pouvez retrouver les écrits de Kast et Doniol-Valcroze, en consultant les revues de cinéma dans lesquelles ils ont écrit. Jacques Doniol-Valcroze fut le fondateur des Cahiers du cinéma, où Pierre Kast écrivit également. Bonne nouvelle : Nicole Berckmans Doniol-Valcroze vient de décider de confier les archives de J.D-V à la Cinémathèque française. Nul doute que cela devrait contribuer à stimuler la curiosité de nombreux étudiants et chercheurs sur les multiples facettes de cet homme délicieux, cinéaste, écrivain, acteur, réalisateur de télévision, qui joua un rôle très important. S.T.

  16. cviic ivo mario a écrit :

    Merci, Monsieur Toubiana, de votre attention et de votre prompte réponse !
    Je n’ignorais rien des activités de Jacques Doniol-Valcroze en tant que fondateur des Cahiers, et rédacteur majeur.
    Je regrette qu’il n’existe pas une biographie de cet Etre exquis, et qu’il faille – c est effectivement faisable – retrouver numéro par numéro les Cahiers où il a publié des articles marquants ! (Abebooks fait des offres intéressantes ).
    En attendant, je viens de passer un moment délciieux : J’ai acquis le DVD de « LE COEUR BATTANT  » et l’ai regardé toutes affaires cessantes !
    Trintignant , F. Brion et la mer , dialogues éblouissants ,poesie et romantisme.., je le recommande à tous ( il est dispo en France ) .
    Autre surprise : le surprenant  » OUT 1″ de Rivette où JDV a un rôle à sa mesure, est trouvable aux USA, il faut passer par  » iOffer  » , avis aux fans.
    Comment faire pour trouver « VENISE EN HIVER » ??? N’importe quel enregistrement amateur ferait l’affaire.
    Sinon, espérons une rediffusion.
    Help !
    Merci de me lire et de me comprendre..
    Ivo Mario Cviic

  17. cviic ivo mario a écrit :

    Post scriptum :
    Et pour en finir avec mes interventions, concernant cette fois la partie ‘acteur » de ce cher Jacques Doniol Valcroze, un autre « scandale  » !
    Impossible de se procurer un vhs ou un dvd du film de Robbe-Grillet  » L’IMMORTELLE » , c’est quabd même un peu fort ..J’en avais gardé le souvenir d’une musique envoûtante et de periples dans une Istamboul mysterieue !
    Cher Monsieur Toubiana, pardon d’avoir accaparé un peu ce blog, sans avoir rendu un hommage – sincère – a votre gentillesse et parlé du rôle essentiel de la Cinémathèque qui reste la base et la valeur sûre de notre culture cinématographique ! IM CVIIC

  18. François BELLART a écrit :

    Ca fait drôle de reprendre un échange plus de quatre ans après… Désolé, mais je viens seulement de tomber dessus, en essayant, une fois de plus, de chercher à acquérir ou emprunter pour voir ou revoir les films de Jacques Doniol-Valcroze ou ceux de Pierre Kast, de Luc Moullet ou de Jacques Rozier : ils sont devenus invisibles pour les générations montantes, alors que ceux de Godard, Truffaut ou Rohmer sont eux accessibles… Je m’étonne de cette lacune, et de ce regard restreint sur la nouvelle vague dans la culture cinématographique des jeunes ou futurs cinéastes… et cinéphiles ! Non seulement ces films ne sont pas commercialisés, mais encore, ils ne sont plus projetés en salles dans des ciné-clubs ou autres festivals de province, sans doute pour des raisons d’absence de copies disponibles.
    Il y aurait peut-être quelque chose à creuser comme piste d’action à ce sujet. Si ces films sont sans doute considérés comme ne devant pas rentabiliser une mise sur DVD commerciaux, ne pourrait-on les acquérir par téléchargement payant sur le modèle des documents de l’INA qui sont maintenant beaucoup plus exploitables car débarrassés de protections aussi contraignantes qu’inutiles. Cette façon de faire permettrait de respecter les ayant-droits et de redonner une nouvelle vie à ces films.
    La numérisation en l’état des copies possédées par la cinémathèque suffirait à contenter un grand nombre d’amateurs. Numériser le catalogue de Pierre Kast et de Jacques Doniol-Valcroze ne prendrait pas un temps infini. Certains films pourraient faire l’objet d’une restauration pour pouvoir être à nouveau projetés dans les salles au cours de festivals. Ne serait-ce pas le travail de la cinémathèque de faire revivre ce patrimoine occulté de la nouvelle vague ?
    En tous cas, merci pour cette évocation magnifique de cet homme bourré de talents qu’était Jacques Doniol-Valcroze.
    François Bellart
    Arras

  19. serge toubiana a écrit :

    Merci pour votre message qui touche un point essentiel: comment accéder à certains films oubliés ou rarement projetés? Vous évoquez les films de Doniol-Valcroze, Kast, Moullet et Rozier. J’avoue ignorer si certains de leurs films ont fait l’objet d’une édition en DVD, il suffit de vérifier en allant sur des sites commerciaux. Plus généralement, la question doit être posée aux ayants droit, à ceux qui détiennent les droits de ces films rares et incunables: pourquoi ne font-ils pas ce travail de valorisation via une édition DVD? La cinémathèque ne peut le faire à leur place, n’étant pas détentrice des droits, mais elle peut y contribuer ou s’y associer. Il est fréquent que des cinéastes nous alertent sur la situation de déshérence juridique de leurs films. Nous essayons alors de contacter les détenteurs des droits en leur proposant de collaborer à des rééditions. Ce chantier est important et mérite d’être exposé publiquement. S.T.

  20. cviic ivo mario a écrit :

    Effectivement, rien ne bouge, mais il ne faut pas désespérer ! Je viens d’apprendre que « L »IMMORTELLE » d’Alain Robbe-Grillet, où J.Doniol-Valcroze a justement le premier rôle avec Françoise Brion, vient d’être édité en DVD (coffret de 9 FILMS). Je vais me précipiter.. M.CVIIC

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