Marc Raynal, alias Maud Molyneux, alias Louella Intérim

La nécro est parue aujourd’hui samedi dans la page carnet du Monde et de Libération : Marc Raynal découvert à son domicile le 16 septembre 2008. Nous l’avions appris il y a deux jours en lisant Libération : la disparition de Marc Raynal, alias Maud Molyneux, alias Louella Intérim, deux des pseudos sous lesquels il ou elle écrivait ses textes sur le cinéma ou sur la mode, dans le Libération des années quatre-vingt. Un éditeur devrait se soucier de les réunir en volume, en hommage à un critique rare et très talentueux, j’ose dire précieux. Les textes de Louella écrits sur un coin de table avec un style incroyablement singulier témoignent d’une période où le journalisme cinéma avait de l’allure, de l’insouciance, de l’élégance. Louella Intérim s’arrêtait sur un détail, prenait les films par un bout de ficelle comme personne n’osait le faire. Elle tirait un bout et toute la pelote… Du cousu main. Rien à voir avec le style provoc. Aucune agressivité envers le lecteur, juste l’envie enfantine et têtue de le surprendre ou de le guider dans le labyrinthe filmique par une entrée dérobée. Je vous recommande de lire le très beau texte de Gérard Lefort et Olivier Séguret dans Libération daté du 18 septembre : émouvant, plus qu’amical, impeccable. Louella Intérim connaissait le cinéma, il avait fréquenté la Cinémathèque, les salles de quartier, les ciné-clubs en noir et blanc de la télévision. Elle écrivait sur des films anciens comme s’ils avaient été faits la veille, niant le temps passé, ou devenant elle-même un personnage ou une figure à l’intérieur du tableau. La seule chose à faire serait de revoir Falbalas de Jacques Becker en pensant à Louella Intérim. Manière de noyer la tristesse dans celle du film. Salut.

Signalons la parution d’un ouvrage aux Éditions rue Fromentin, qui reprend un certain nombre d’écrits de Louella Interim/Maud Molyneux. Le livre a pour titre Parcours d’un journaliste esthète. Il s’ouvre par un chapitre, All about Maud, avec des commentaires de Gérard Lefort, Hélène Hazéra, Adeline André, Gilles Rimbault, Marie-Laure Weil-Raynal, Farid Chenoune, Pascal Thomas, Olivier Séguret, Claude chuzel et Serge Toubiana.

23 Réponses à “Marc Raynal, alias Maud Molyneux, alias Louella Intérim”

  1. Charles Tesson a écrit :

    Bonjour Serge
    C’est vraiment bien d’avoir rendu hommage à Louella Interim. Je l’ai appris hier, en achetant « Libé » avant de prendre le train, en découvrant ce message que tu cites dans ton blog, d’une terrible sobriété. Je l’avais rencontré pour la première fois à Turin au début des années 80, lors de la grande et toute première rétrospective sur le cinéma chinois concoctée par Marco Müller, rétrospective que j’avais suivie en sa compagnie et celle de Daney, à un époque où il s’apprêtait à quitter les « Cahiers » pour « Libé (il me l’avait d’ailleurs annoncé lors de ce festival). Louella et Serge ont fonctionné en vrai tandem (« aux lions les chrétiens », à propos de Téléramucha et de Claude-Marie Trémois qui détestait « Francisca » et Oliveira !), complémentaires et complices. La cinéphilie de Louella était vraiment impressionnante, et il avait toujours un regard étonnant sur les films, pertinent, et jamais convenu.
    Louella avait aussi écrit pour les Cahiers au début des années 80, dans le Petit Journal surtout, et je me souviens tout particulièrement de son beau texte sur Naruse (le n° 344, février 1983, avec Anne Wiazemski dans « L’Enfant secret » de Garrel en couv), le premier conséquent sur ce grand cinéaste publié dans la revue.
    Plus récemment, il y avait aussi, toujours dans les Cahiers, un beau portrait de lui comme costumier, car il avait travaillé pour Pascal Thomas. Cela s’appelait « Maud Molyneux, le salaire du sapeur » (Cahiers n° 556, avril 2001, celui des 50 ans de la revue) et c’est Clélia Cohen qui avait recueilli ses propos et rédigé ce beau portrait dans une rubrique, « Métiers », qui a disparu depuis dans la revue.
    Je l’avais vu la dernière fois lorsque Gérard Lefort avait eu la gentillesse de m’inviter à sa fête en l’honneur de ses 50 ans. J’avais eu plaisir à discuter avec lui et reparlé de ses années Libé avec Daney.
    Je n’ai pas encore lu le texte de Gérard Lefort et d’Olivier Séguret (j’apprends son existence par tes soins) et vais le faire de suite.
    Merci pour cet hommage.
    Charles Tesson

  2. Serge Toubiana a écrit :

    Merci, Charles, de donner toutes ces précisions. Je ne me suis pas replongé dans les archives. Manque de réflexe. Et j’avais envie d’écrire à chaud. Mais c’est vrai, Louella Intérim avait écrit dans le « Petit Journal » des Cahiers au tout début des années quatre-vingt. Il y avait à cette époque des passerelles naturelles entre Libération et les Cahiers. Louella écrivait sur le cinéma à la télévision : ses goûts allaient vers Ida Lupino, Preston Sturges, George Sanders, George Cukor, Robert Siodmak, Richard Brooks, King Vidor ou encore Jacques Becker, « cinéaste moderne ». En feuilletant les Cahiers de cette période, tout remonte à la surface, la diversité, l’ouverture, le goût du journalisme intempestif. Nous faisions équipe, tu en étais, nous en étions. Louella Intérim aussi. Amitié, Serge.

  3. helene Hazera a écrit :

    A côté des cinéphiles, à la Cinémathèque, il y avait les « cinéfolles ». Capables d’applaudir – au grand dam des cinéphiles « sérieux »- une toilette d’Adrian (Sans Adrian, pas de Garbo), de Travis Banton (sans Travis Banton pas de Marlene ou Mae West), ou d’attendre l’arrivée de Brigitte Helm dans L’Argent avec le beau fourreau argent à traîne (Jacques Manuel ?). Et n’oublions pas Edith Head…
    Maud avait une érudition incroyable sur la mode dans le cinéma. Sa disparition nous prive définitivement de l’espoir qu’un jour elle écrive l’ultime encyclopédie sur la mode au cinéma. Elle avait des théories sérieuses, par exemple que c’étaient les films à costumes qui inspiraient le plus la mode de tous les jours, par exemple la chemise au col-pelle à tarte de La Reine Christine.
    A part ça, le personnage était un crystal d’ambiguïtés. Politiquement vers 68 elle était passée de l’oeuillet blanc, un groupuscule monarchiste, à l’Humanité Rouge, un des plus austère groupe maoïste.
    C’est certain que le FHAR et son groupe folklorique des Gazoline lui permit enfin de se réaliser, de jeter sa gourme et d’imposer à tout Paris qu’avec une moustache et une petite barbiche, il fallait lui parler au féminin.
    La rubrique télé de Libération – nous venions tous du Fhar, l’impertinence n’était pas encore une marchandise-, fut un feu d’artifice ! Guy Hocquenghem et Michel Cressole avaient ouvert la brêche.
    Maintenant pour le cinéma il ne faut pas oublier le cinéma japonais (étayé sur la lecture de beaucoup de littérature nipponne), et tout le cinéma asiatique et un goût pour le romantisme…Et les genres méprisés de la cinéphilie officielle.
    Maud ne supportait pas la vulgarité. Et sa vie professionnelle en pâtit : il suffisait de pas grand chose, d’une ou deux rebuffades, d’une petite traîtrise pour qu’elle se referme sur elle-même: dans sa jeunesse, elle avait fait des séjours assez longs en hôpital psychiatrique. Et peu à peu il n’y avait plus place à Libération pour son originalité.
    Il ne faut pas oublier ses apparitions au cinéma. Dans Tam-Tam d’Alfino Arrietta, où elle déclame une tirade racinienne. Dans Mélodrame de Jean-Louis George (un cinéaste dominicain assassiné là-bas il n’y a pas longtemps) en servante nymphomane. Au Théâtre, avant même de reprendre le prénom de Louella Parson (Louella Intérim car elle fait l’intérim de Michel Cressole), elle avait été une époustouflante commère, dans des chapeaux incroyables signés Juan Stopani (la pièce était une sorte de saccage « d’Aprés la Chute » d’Arthur Miller avec son amie Marie-France dans le rôle de Marylin)…
    Envolée son érudition faramineuse, son humour (beaucoup plus gentil depuis quelques années), son snobisme fantasque se grisant de duchesses et de marquises. Où cabriolant avec panache sur son arbre généalogique: « François premier a bien voulu reconnaître les titres de noblesse de mes ancêtres quand, fuyant l’Espagne d’Isabelle la Catholique, ils vinrent s’établir en France ». Elle votait communiste.

  4. gérard Lefort a écrit :

    Serge, je n’avais pas vu qu’on pouvait répondre directement à ton blog et je t’ai donc transmis un message via Elodie. Ton hommage « à chaud » est superbe et relève de tout à fait autre chose qu’un fatiguant « devoir de mémoire ». Même s’il est loin en effet le temps de l’impertiinence, du dandysme et de la belle désinvolture instruite qu’incarnait au plus haut point Louella dans les colonnes de Libé et, c’est vrai, je l’avais oublié (merci et salut à Charles Tesson) dans les pages des Cahiers. Je sens que la tristesse nous est commune mais je sais aussi qu’avec l’ami Olivier Séguret lorsqu’il a fallu écrire cette nécro dans Libé qu’on aurait préféré ne jamais écrire, c’est beaucoup de fou rires qui sont remontés. Louella, Maud, Marc, comme on voudra, était plus qu’une « belle personne », c’était un personnage.
    Amitiés.
    Gérard Lefort

  5. Serge Toubiana a écrit :

    Charles Tesson, Gérard Lefort, Hélène Hazera enrichissent avec maints détails, souvenirs et informations, le portrait de Louella Intérim. Je les en remercie. D’autres noms surgissent, également disparus: Michel Cressole, Guy Hocquenguem, Serge Daney… La cinéphilie, celle-là ou une autre, a souvent l’allure d’un cimetière. On n’y peut rien. L’essentiel, et ce blog y participe modestement, est de maintenir le lien. Gérard Lefort a bien raison de parler de fous rires… Et Hélène Hazera fait bien de parler de ce grand livre sur la mode au cinéma que nous étions nombreux à espérer qu’un jour Louella se mette à l’écrire… Amitiés. S.T.

  6. Marie France a écrit :

    Je partage la grande tristesse que ressentent tous ceux qui ont connu Maud Molyneux de près ou de loin… J’attends impatiemment que l’on lui écrive son livre, il y a tant à dire. Elle comte pour moi parmi les plus importantes personnes que j’ai rencontrées.
    Amitiés. Marie France

  7. nicolas saada a écrit :

    Je me souviens aussi de lui/elle, même si je ne l’ai jamais connu(e). Le texte sur Naruse m’avait aussi frappé, et je me souviens même d’un sous-titre « Le quatrième grand ». Serge Daney me parlait souvent de lui/elle. Grand souvenir aussi d’une période où les Cahiers étaient une revue incroyablement « sexy » et attrayante. J’étais abonné (à partir du numéro avec la couverture VICTOR/VICTORIA) et fier de faire partie de la famille Cahiers, même en temps que lecteur. Et qui oubliera votre plus beau coup, la couverture du festival de Cannes avec Libération et TF1 (!!!?). C’était aussi ça les années « Louella », une période où la pensée n’avait guère besoin de se justifier pour exister, où sa place, y compris sur la première chaîne de télévision nationale, était juste « naturelle »… A méditer.

  8. Françoise HUGUIER a écrit :

    C’était hier, Mais un voyage avec Maud ne s’oublie jamais. Nous sommes partis à Rome pour rencontrer Tirelli, costumier collectionneur. Maud fut pour moi un initiateur et un guide. Je ne connaissais ni Tirelli ni Rome, mais Maud savait tout et plus encore.
    « Il faut descendre au Raphaël » disait-il, c’est l’hôtel d’Aldo Moro. Il choisissait le restaurant où l’on servait le meilleur vin blanc italien et la meilleure roquette. Il nous fit ouvrir les portes du palais Farnèse, nous avons fait un soir la Via APPIA à pied, il racontait, refaisait l’histoire et je photographiais.
    Le bonheur fut complet lorsque nous avons rencontré Tirelli qui nous dévoilait les costumes d’Amadeus, les robes de Balenciaga, de Lanvin, etc.
    Il avait une anecdote pour chaque costume et chaque robe, et une histoire psychédélique retraçant l’histoire du cinéma. En rentrant Maud nous promit un texte qu’il ne fit jamais. Serge Daney s’en arracha les cheveux. Maud avait sans doute raison, comment raconter notre escapade à Rome ! Un autre souvenir irrésistible : le gala de la presse au cirque d’hiver. Maud, Michel Cressole et Gérard Lefort devaient faire les intermèdes du spectacle avec France Roche. Les studios Berçot leur firent les costumes. Pour le premier intermède, Maud était en lapin rose, pour le second nos trois amis étaient déguisés en chiennes. Maud était en caniche de la 5th Avenue. Toutes les trois avaient chacune un sac à mains rempli de fausses crottes achetées dans un magasin de farces et attrapes qu’elles déposèrent au pied des VIP. Serge JULY eu du mal à s’en remettre. Au troisième intermède, Maud arborait une perruque Louis XIV, France Roche, elle, avait une perruque sur laquelle était posé un os géant.

    Maud, merci de nous avoir légué ton humour, ta culture si délicate. Je garderai toujours dans ma mémoire les moments passés avec toi, ta collection de scarabées en broche que tu portais toujours sur toi et ton paquet de gauloises.
    C’est tellement injuste que tu ne sois plus avec nous.

  9. Clélia Cohen a écrit :

    Maud, Louella, les deux fois où je l’ai rencontré, était un petit barbichu en costume trois pièces juste froissé ce qu’il faut. Mais, la deuxième fois, il m’a fait porter l’une de ses robes… Rouge flamboyant, taille de guêpe, ourlet déchiré par les nuits courues en talons. Punk Princess.

  10. Paquita Paquin a écrit :

    Je ne m’appellerais pas Paquita Paquin si Marc le même soir n’avait pas choisi pour lui-même : Maud Molyneux. Initiales communes aux noms et prénoms comme Brigitte B ou Claudia C ; un patronyme de maison de couture, et un prénom proche du vrai (Marc, Pascale).
    Habiter chez Maud, vivre avec elle, c’était la plus belle école du savoir vivre et de la conversation. Elle posait le nom juste sur chaque chose; dosait humour, férocité, gentillesse, érudition, bonnes manières et propos outrés. Mes grippes s’éternisaient en hépatites, prétexte à rester au lit où, avec le bouillon, Maud apportait des trésors de son immense bibliothèque. Dans sa chambre de la rue Vavin, elle recevait ses invités à l’intérieur et à l’extérieur des montants d’un lit Art Nouveau qui n’a trouvé un sommier adéquat que dix ans plus tard. Un inconfort qui déliait les langues et excitait les « pinces sans rire ». Chaque jour de la semaine ou presque avait son marché aux puces : Montreuil, Clignancourt, Vanves, Le Kremlin-Bicêtre, où Maud trouvait ses merveilles, plutôt ses collections de merveilles. Ensembles chemise-pantalon en nylon cloqué de toutes les couleurs, vestes Harris tweed, théières et services à thé, méduses teintées nacrées, fumées, combinaisons-pantalons d’uniforme de toutes les armées. Elle pointait une sublime paire de talons en daim ajourée 1940 : « Mais c’est pour toi, ça ! »
    Quand il nous arrivait, après une virée aux puces à quatre heures du matin, de débouler au Club 7, rue Ste Anne, le personnel – je l’ai appris bien plus tard -, nous surnommait : Le Linge : « Voila le linge ».
    Maud parlait aussi avec les mains, de très belles mains aux doigts puissants, aux gestes déliés et sophistiqués : tabac brun et fume-cigarette, des mains qui brouillaient les pistes.
    Maud est la personne qui a le plus influencé ma vie. Tout ce qui est écrit précédemment fait beaucoup de bien.

  11. Adeline André a écrit :

    Chers amis,

    La cérémonie pour Marc Raynal / Maud Molyneux aura lieu au crématorium du Père Lachaise, jeudi 16 octobre à 13h30.

  12. Fady el-Khoury a écrit :

    Maud/Marc était un personnage sombre et plein de lumière à la fois. J’ai eu le grand plaisir de le voir collaborer au Carnet Parisien dès la naissance de celui-ci, au Carrousel du Louvre, quand les Journées du Prêt-à-Porter des Couturiers et Créateurs de Mode se déroulaient sans chichi, sans manières, dans une atmosphère familiale où l’on se reconnaissait par signes entendus.
    Maud était LA culture de Mode par excellence, rien n’échappait à sa sagacité, à sa connaissance profonde qu’il enveloppait d’un humour tranchant mais subtil et d’une érudition défiant toutes encyclopédies confondues. Il signait sous un autre pseudonyme que ceux qu’il avait jadis utilisés dans Libé : Jennifer Arpassay, une soi-disant Américaine excentrique, férue de belles robes et de stylistes hardis, qui savait défricher à la serpe et séparer le grain de l’ivraie dans la planète chiffons.
    Un jour, à New York, j’ai rencontré Iris Apfel, la décalcomanie (en vrai) de Maud : une nonagénaire férue de robes signées Balenciaga, Chanel, Dior, Marcel Rochas, Gérard Pipart, Yves Saint Laurent, pour ne citer que ceux-là. A mon oreille, elle posa la question sur un ton de condifence: « Il semble que j’ai un alter égo masculin-féminin à Paris, his name is Maud Molyneux, is that true? ». Lui demandant comment elle le savait, elle me produisit une version en anglais du Carnet Parisien (The Parisian Diary), ajoutant qu’elle y lisait en traduction sous la plume de Maud les commentaires les plus pertinents sur l’art vestimentaire.
    J’ai appris tard la nouvelle du décès de Maud. Récemment, c’est à l’épicurien que j’avais affaire, le rencontrant souvent au marché de l’avenue du Président Wilson où il venait choisir fruits et légumes rares dans un discernement aussi pointu que lorsqu’il était face au podium en train de disséquer une collection.
    De la Mode, Maud savait tirer la substantifique moelle. Sa vie était une sélection de belles choses, c’est une sorte d’Oscar Wilde à la française qui aujourd’hui tire sa révérence loin des sunlights des podiums.
    Ici, au Carnet Parisien, toute l’équipe se souvient de lui avec affection. Il nous manquera longtemps, longtemps.
    Fady el-Khoury
    Directeur
    Le Carnet Parisien

  13. Malika Khelfa a écrit :

    Merci Maud pour le raffinement l’élégance la culture le savoir faire que tu m’as fait partagé Malika

  14. François Raynal a écrit :

    Merci à tous pour ces témoignages qui, associés à l’affluence au crématorium du Père-Lachaise, m’ont montré, s’il en était besoin, que mon frère était apprécié par ses pairs.

  15. polymagoo a écrit :

    Appris par hazard…

    Jamais connue que par sa légende.

    C’est triste.

  16. pascale ourbih a écrit :

    Cher Serge Toubiana
    Présidente du festival de films gays et lesbiens de Paris, j’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois Louella-Marc-Maud (etc), et je suis touchée que vous lui ayiez rendu un tel hommage…
    A l’annonce de sa mort, nous avons décidé, en hommage à cette belle figure de la communauté transgenre, de passer un film où elle joue (sous le nom de Maud Molyneux), Tam Tam, de son ami Alfino Arriétta. Maud y déclame – entre autres délices – la tirade finale de la Cléopâtre de Corneille… Le film sera programmé le 8 novembre à 18h au Cinéma Le Latina (20, rue du Temple 75003 Paris).
    En vous remerciant encore pour votre fidélité à son souvenir.
    Pascale Ourbih

    p-s je vous envoie un courrier de confirmation: nous serions trés honorés de votre présence.

  17. Serge Toubiana a écrit :

    Le Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris (du 4 au 11 novembre 2008) programme une séance en hommage à Maud Molyneux (alias Marc Raynal, alias Louella Intérim), le samedi 8 novembre à 18 heures, au cinéma Le Latina (20, rue du Temple-75004 Paris). Au programme : Tam-Tam de Alfo Arrieta, France, 1975, 66 minutes. La séance sera présentée par Hélène Hazera, Pascale Ourbih et plusieurs invités.
    Informations : www/ffglp.net

  18. GUIBERT FRANCOIS a écrit :

    Bonjour ! J’ai été hier au LATINA à 18h à la séance de ciné spéciale « TAM TAM » (1975, 66 mn), pour l' »HOMMAGE À MAUD MOLYNEUX ». Bon, je n’ai rien compris du tout à l’histoire, et l’image n’était pas très nette (mais tout cela, on s’y attendait avant, car on imagine le manque total de moyens avec en plus le côté expérimental et improvisé. Mais c’était intéressant de voir ce film, ça permet de voir (pour ceux qui comme moi sont nés dans cette décennie — ou après) l’ambiance qu’il y avait dans les années 70 à Paris dans les milieux branchés et/ou underground, où a priori le luxe (ou des apparences de luxe) côtoyait des ambiances « sans le sou », et où il y avait une insouciance, tout en ayant aussi un côté « dangereux » (je ne sais pas comment dire —c’est-à-dire qu’on imagine que le tournage de ce film, parmi les personnes qu’on voit à l’écran, ne s’est pas fait forcément qu’à l’eau claire et aux vitamines).

    La séance était présentée par HÉLÈNE HAZERA et PASCALE OURBIH. Dans la salle, il y avait aussi leurs amies PAQUITA PAQUIN et MERCEDES (qui jouent dans le film), ainsi que la Chanteuse Géniale Number One au monde MARIE FRANCE (qui ne joue pas dans « TAM TAM » mais dans le film qu’Alfino Arietto a fait deux ou trois années avant — je ne l’ai pas visionné — : « LES INTRIGUES DE SYLVIA COUKIS »).

    HÉLÈNE HAZERA a dit en intro de la soirée : « On va pas jouer les pleureuses, on s’est tellement moqué de ça dans les années 70 qu’on ne va pas le faire ce soir pour rendre hommage à Maud Molyneux. » Elle a dit aussi : « Quelqu’un m’a dit qu’on pourrait crier « pouet ! » chaque fois qu’on voit à l’écran quelqu’un qui n’est plus là, mais je crois que dans ce cas-là, on risquerait de le dire trop souvent. »

    Et puis, après la projection du film, HÉLÈNE HAZERA a raconté quelques anecdotes sur le tournage, retracé le contexte dans lequel était tourné ce film. La soirée s’est poursuivie dans la salle du haut pour celles et ceux qui le voulaient, jusqu’à 20h30/21h. Une bonne soirée sympa ! (il y avait aussi le photographe FOC KAN et BERNARD BACOS, qui s’occupe du site « LE PARIS BRANCHÉ DES ANNÉES 70 »).
    (pour les personnes que ça intéresse, il y a un site consacré à 100 % à MARIE FRANCE :
    http://lachanteusemariefrance.fr.gd

  19. delacruz jean-marc a écrit :

    Il faudrait de toute urgence ressortir  » TAM TAM » et tout les films d’Arrieta
    en DVD et en salles en copie neuves. Refaire une rétro à la Cinémathèque.
    Maud Molyneux et les autres méritent plus qu’un hommage. C’est une
    partie importante de l’histoire du cinéma. J’ai bien envie de remonter
    une société de distribution rien pour eux!

    Jean-Marc Delacruz (ex-distributeur et aujourd’hui exploitant).

  20. Karine Pelgrims a écrit :

    Lorsque je rencontre Maud Molyneux, je suis charmée et fascinée.
    J’ai réalisé quelques portraits en 2004. Il était content de ses photos.
    Elles sont visibles sur mon blog en deuxième page :
    http://karine.pelgrims.over-blog.com/
    Ma façon de m’associer aux différents hommages qui lui sont rendus.

    Karine Pelgrims

  21. Rosy Verdier a écrit :

    J’ai eu la chance de travailler avec Maud Molyneux quand j’étais rédactrice à l’Officiel et ensuite à Joyce. Je l’ai beaucoup apprécié et j’ai eu la chance d’être invitée chez lui rue Vavin où il m’a servi un déjeuner raffiné cuisiné de ses propres mains. Je suis très triste de son décès que je n’ai appris que récemment. Je dois dire que ce fut un moment rare dans ma vie d’avoir collaboré avec lui. C’était un être d’une extrême sensibilité, d’une délicatesse infinie et d’une élégance tant morale que physique que l’on ne côtoie que très rarement. Adieu Maud. Se retrouverons-nous au purgatoire, au paradis ou en enfer?

  22. Roberto Fabris a écrit :

    Marc alias Maud, aka Louella, un ami qui, en paraphrasant Sacha Guitry, « vécut longtemps côte à côte, si nous fûmes plus longtemps face à face » i.e. j’habitais rue Vavin et de toutes mes fenêtres sur rue, je pouvais voir l’immeuble étonnant, comme lui, de style « blanc de faïence salle-de-bain » de Sauvage où il résidait à Paris. Il respectait mon sens de la distance vis-à-vis des amis qui furent la « gliteraty » des années 70-80. J’allais au FHAR avec lui, habillé en Yves Saint Laurent, pour faire des scandales rue des Beaux-Arts, et finir avec Marie France chez Michel Cressole en écoutant Do you know the way to San José par Dionne Warwick. Merci Maud pour tous ces beaux moments de Paris à Bomarzo, un voyage inoubliable, sous légide magique de André Pyerre de Mandiargues. RMF

  23. torre melgrani a écrit :

    On devrait décréter un jour de deuil quand cet être comme Monsieur Maud disparaît. Deuil de l’élégance, deuil du raffinement, deuil de la poésie.
    Nous nous côtoyions depuis fort longtemps, et puis un beau jour Monsieur Maud est venu dans mon atelier. Insigne faveur de la part de cet homme de goût qui me combla par sa si précieuse visite, comme d’un signe où nous nous reconnurent. Minute sans doute arrêtée dans le ciel mystérieux des artistes…

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