Truffaut on the Air

Je ne me suis pas beaucoup occupé de mon blog en juillet. J’avais la tête ailleurs. David Kessler, le patron de France Culture, m’a proposé il y a quelques mois de concevoir une série d’émissions sur François Truffaut. Diffusion prévue durant l’été. Je ne sais pas ce qui m’a pris de dire oui. Sans doute le désir de relever le défi. Il a bien fallu se mettre au travail. Ça s’appelle : Grande Traversée. La diffusion commence après-demain, lundi 28 juillet. Pendant toute la semaine : de 9h du matin jusqu’à midi trente. Truffaut on the Air. 3 heures et demie d’émission, d’une seule traite. Bigre !

J’adore la radio. On y jouit d’une liberté incroyable, l’outil est à portée de main, à portée de voix. Mais il faut tout faire soi-même. Par chance, j’ai travaillé avec une réalisatrice épatante, Manoushak Fashahi, douée, précise, qui s’est totalement investie dans cette série. Sans elle je n’aurais rien pu faire. Seize heures trente d’émissions sur Truffaut, cela fait une somme. Très vite j’ai divisé mon projet en cinq parties ou cinq thèmes. À raison d’un par jour.

1.      Le temps de la critique.

2.     Le roman autobiographique.

3.     La cause du cinéma.

4.     L’homme cinéma.

5.     L’après Truffaut.

Ensuite, nous avons découpé chaque matinée en quatre tranches. Une première heure uniquement consacrée à des archives radiophoniques : Truffaut parlant de cinéma, de son enfance, de sa formation cinéphile, de ses premiers texte critiques, des cinéastes qu’il admire : Guitry, Renoir, Ophuls, Rossellini, Hitchcock… De films qui l’ont marqué dans son enfance, comme Les Visiteurs du soir de Carné, plus tard de Citizen Kane de Welles, Les Dames du bois de Boulogne de Bresson, et surtout La Règle du jeu de Renoir. De la Cinémathèque et d’Henri Langlois… Et bien sûr de ses films, des acteurs, de Léaud, de Deneuve et Belmondo… À partir de 1959, l’année des Quatre Cents Coups, il est régulièrement convié à la radio pour parler de ses films. On sent combien il aime la radio, combien il s’y sent à l’aise. Sa pensée est fluide, ses idées circulent, il aime l’échange et prend chaque question au sérieux, ne s’offusque jamais de rien, son ton est passionné, fervent, chaleureux. Il parle avec passion de ses films, et tout le monde est à même de l’entendre et de comprendre. Je ne vois aucun autre cinéaste autant à l’aise que lui. Dans certains entretiens on sent une légère inquiétude, une forme d’intranquillité. On le sent obsédé, entièrement tourné vers son travail, à la recherche d’une harmonie.

Il y a des archives formidables à l’INA, des « Masque et la Plume » d’anthologie. Par exemple, une émission en direct réalisée en 1964 au moment de la sortie de La Peau douce. Georges Charensol « se paye » le film avec des arguments grossiers. Le type qui n’a rien compris, mais content de lui. À ses côtés Georges Sadoul, Pierre Billard et Pierre Marcabru sont passionnants à écouter. Robert Benayoun finasse, on sent que le cinéma de Truffaut n’est pas sa tasse de thé. Soudain Michel Polac et François-Régis Bastide (qui produisent l’émission) annoncent que Truffaut est dans la salle. Il faut entendre la manière avec laquelle Truffaut renvoie Charensol à ses chères études… de cinéma. D’autres émissions formidables à réentendre, celle de Claude-Jean Philippe : « Le cinéma des cinéastes » où Truffaut fut régulièrement convié ; ou encore « Radioscopie » de Jacques Chancel. Tout cela est passionnant à ré-entendre.

La deuxième heure est consacrée à des débats. J’ai voulu réunir des personnes très diverses, parlant de Truffaut avec intelligence. Soit parce que certains l’ont bien connu : c’est le cas de Jean Gruault, toujours drôle et libre dans sa pensée, qui fut le scénariste de Truffaut sur cinq films – et non des moindres : Jules et Jim, L’Enfant sauvage, Les Deux Anglaises et le Continent, Histoire d’Adèle H. et La Chambre verte. C’est aussi le cas de Charles Bitsch (qui côtoya Truffaut aux Cahiers dans les années 50, et aussi à Arts), Jean Douchet et Jean Narboni. Soit des personnes plus jeunes, comme Carole Le Berre, qui a écrit il y a quelques années un livre très fouillé, dense, hyper documenté : Truffaut au travail (Cahiers du cinéma) ; ou encore Frédéric Bas, jeune critique dont j’aime beaucoup la liberté de ton et l’absence totale de préjugé critique. Frédéric Bas est aussi prof d’histoire au Lycée/Collège Henri Bergson à Paris (dans le 20è arrondissement). Quand je lui ai demandé s’il accepterait de montrer Les Quatre Cents Coups à ses élèves de 4è, il a dit oui avec enthousiasme. Cela donne un documentaire passionnant, qui dure une heure, où des adolescents parlent d’Antoine Doinel, de ce qu’ils ressentent de l’école, de leur besoin de liberté. J’avais aussi envie de convier des cinéastes pour parler de Truffaut : Olivier Assayas et Arnaud Desplechin, parce que j’ai déjà eu l’occasion de les entendre parler du cinéma de Truffaut – ils en parlent formidablement bien. Et aussi Vincent Delerm, le chanteur, dont je savais qu’il était un fan de Truffaut.

La troisième heure est consacrée à un documentaire, exercice à base de montage d’éléments disparates : documents sonores, extraits de films, propos enregistrés, musiques de films. Passionnant à faire, mais délicat car il s’agit de concevoir une forme ou un récit radiophonique. Outre celui réalisé au Collège Bergson, j’ai voulu plonger dans les archives de Truffaut en faisant parler trois documentalistes chevronnés de la Bibliothèque du film de la Cinémathèque (Géraldine Farghen, Karine Mauduit et Régis Robert). Passionnant de relire ou de revoir le parcours du cinéaste à partir de ses archives. Le processus même de création devient concret, palpable, presque physique. Un autre documentaire, cette fois réalisé à Cannes en mai dernier. J’ai demandé à pas mal de cinéphiles et de cinéastes de dire ce qu’ils pensaient, à brûle pourpoint, de « l’après Truffaut ». Luc Dardenne, Jerzy Skolimowski, Wim Wenders, Jean-Pierre Mocky, Bertrand Bonello, Thierry Frémaux, Dominique Païni, le critique américain Kent Jones…

De midi à midi tre
nte, chaque jour durant la semaine, un épisode des fameux entretiens réalisés par Truffaut avec Alfred Hitchcock en 1962, destinés au livre à venir : Le cinéma selon Hitchcock, paru en 1966 chez Robert Laffont (puis réédité par la suite par Truffaut, dans une édition augmentée). De ces entretiens dont nous avions retrouvé les bandes magnétiques, nous en tirâmes, mon ami Nicolas Saada et moi, une série d’émissions pour France Culture, en 1999 à l’occasion du Centenaire de l’auteur des Oiseaux.

La radio et le cinéma fonctionnent très bien ensemble. La parole de et sur le cinéma y est plus facile, mieux acceptée qu’à la télévision. D’abord parce le temps n’y est pas le même. L’écoute non plus. À la radio on peut écouter quelqu’un parler sans interruption, à condition que le propos soit fluide, la voix chaleureuse, le questionnement pertinent. Les silences, les hésitations, les rires, la timidité, la complicité ou au contraire le malentendu : tout s’entend. Et tout passe. C’est ce qui m’a donné envie de concevoir cette série sur Truffaut. Je savais qu’il existait beaucoup de matériel et qu’il suffisait de l’organiser, de le ranger, de faire des choix. J’espère ne pas m’être trompé. Mais je ne doute pas que Truffaut à la radio, ça passe.    

43 Réponses à “Truffaut on the Air”

  1. Vince Vint@ge a écrit :

     » La radio et le cinéma fonctionnent très bien ensemble. La parole de et sur le cinéma y est plus facile, mieux acceptée qu’à la télévision.  » (ST).
    Juste, on se désespère juste qu’à la TV, et y compris hélas sur le service public, il n’y ait pas une émission de cinéma qui ne soit pas de la brosse à reluire perpétuelle, du service-après-vente, mais qui soit, au contraire, un vrai lieu d’échanges, de débats, d’évasions et de mythologies sur et autour du cinéma.
    On a eu ça, toute une part de projection fantasmatique autour du cinéma (en gros, faire du cinéma et du glamorama, faire son cinéma avec le cinéma, revisiter à l’infini Hollywood Boulevard et ses fantômes) avec la fameuse émission culte de André S. Labarthe, ‘Cinéma de notre temps’. Jeunet avec raison a d’ailleurs permis récemment une ressortie des anciennes émissions, remasterisées etc., puis, depuis, à la TV, rien de vraiment convaincant.
     » Dimanche 2 Cinéma  » (France 2), au départ, avait un concept intéressant : des micro-cafés – pour à la sortie d’un film, faire parler de ‘simples’ spectateurs sur le film en question. Mais ils ont arrêté, baisse du budget de l’émission, on ratiboise ce concept et on revient au truc plan-plan des champs (interviewers) – contrechamps (interviewés plus ou moins intéressants, les stars qui minaudent me cassent les oreilles, pour ne pas dire plus).
    On aimerait une VRAIE émission de cinéma avec des baloches non flasques à la téloche avec des intervenants variés et passionnés (étudiants, cinéastes, acteurs/trices, techniciens, scénaristes, écrivains, critiques de cinéma, plasticiens, chorégraphes, musiciens, universitaires, commissaires d’expos, spectateurs ‘lambda’, cinéphiles, amoureux du celluloïd ou du numérique, web designers, blogueurs-blagueurs et cetera) mais on l’a pas. Et je ne doute pas un instant que le média radio puisse offrir mille fois plus de libertés et de contenus que ce qu’est devenu le cinéma abordé par la TV.
    J’essaierai d’écouter votre émission radio, une amie cinéfille d’une beauté bergmanienne m’en avait parlé (attention, une spécialiste bientôt reconnue de Brian de Palma, siouplaît!), et j’ai beaucoup d’attachement pour François Truffaut, tant le cinéaste (« L’Enfant sauvage  » et  » La Femme d’à côté  » sont mes films préférés de lui) que l’amoureux fou du cinéma et des femmes qu’il était. J’aime sa part romanesque, ses obsessions, ses admirations (Hitch bien sûr…), ses films-trains filant dans la nuit étoilée et sa capacité à fusionner cinéma & vie. Pour tout dire, j’admire Godard mais j’aime Truffaut, ce n’est pas pareil. Mais ça veut dire beaucoup. D’autant plus quand on connaît la charge affective et émotionnelle véhiculée par le septième art. Je vous laisse, je dois prendre le dernier métro…

  2. temps a écrit :

    Les temps changent et les codes de communications aussi, si la force de Truffaut est d’avoir su suivre l’ancien mouvement, il serait bien que sa présentation suive le nouveau en associant les moments forts de ce qui me semble être un moment de notre histoire en communication à youtube ou autre system de streaming
    cordialement

  3. jllcaen a écrit :

    Bonjour,
    Incontestablement le feuilleton de l’été. Merci aussi pour les podcast fractionnés. La quatrième partie, Truffaut-Hitchcock, est-elle également téléchargeable ?

  4. Serge Toubiana a écrit :

    Vous pouvez écouter la série Grande Traversée consacrée à François Truffaut sur le site de France Culture. Les entretiens entre Truffaut et Hitchcock (la série que nous avions conçue, Nicolas Saada et moi, il y a quelques années) est également sur le net. Tapez : Hitchcock Truffaut, vous trouverez facilement. S.T.

  5. Juliette a écrit :

    De douces matinées passées à se faire plaisir, à découvrir, à écouter, à la mémoire de quelqu’un d’aussi talentueux et d’aussi regretté que lui… Truffaut paraît si présent dans ces témoignages, ces archives, ces extraits de films.
    Merci pour ce beau cadeau M.Toubiana ! Et bravo à France Culture qui a toujours de bonnes idées, là où la programmation des autres stations fait souvent défaut l’été (quand ce n’est pas toute l’année).
    Le cinéma à la radio, sûr que ça passe à merveille : les mensonges de Doinel n’en sont que plus délicieux !

  6. françoise ruzé a écrit :

    Vraiment merci, Serge Toubiana. Je reprends tout ce que vous dit Juliette. Le débat au collège Bergson m’a passionnée, en tant que vieille éducatrice retraitée. Merci à Frédéric Bas de nous avoir permis de partager cette heure d’écoute intensive auprès de ces adolescents dont la claivoyance et la lucidité sont par moments bouleversants :la jeune fille qui n’a pas envie de devenir adulte, et celle qui voudrait être présidente …et tous les autres !

  7. François a écrit :

    Pourquoi le premier volet n’est-il pas « podcastable »?
    Merci pour ce super cadeau estival!
    fgb

  8. Serge Toubiana a écrit :

    Cher François, J’ignore les raisons pour lesquelles le premier volet n’est pas « podcastable ». Avez-vous insisté ? Je me renseigne auprès de France Culture.
    Chère Françoise, merci pour votre message. Frédéric Bas a fait un excellent travail avec ses élèves. Ferme, attentif, jamais démagogique… Quel plaisir d’enregistrer leurs réactions sur Les Quatre Cents Coups ! La suite et fin demain de cette série: Grande Traversée Truffaut. S.T.

  9. Juliette Filiol a écrit :

    Bonjour,
    Je finis en ce moment d’écouter cette superbe émission ! Je n’en ai pas loupé un seul numéro. J’étais au lycée quand j’ai vu mon premier Truffaut, La Nuit américaine, et j’ai été complètement sidérée. Depuis, j’ai vu, je crois à peu près tous ses films, et il m’a fait découvrir et redécouvrir Hitchcock, Chaplin, Bergman (que je connais cependant moins bien encore), quelques Hawks, et un peu de Capra…
    Tous ses films sans exception me touchent. Mes préférés sont La Nuit américaine, La Chambre verte, L’Homme qui aimait les femmes et La Femme d’à côté, mais il est si difficile de donner une préférence !!!
    J’ai 22 ans, je suis sur le point d’entrer en deuxième année de Master de littérature française à la Sorbonne et je prépare un sujet de mémoire sur Truffaut (je cherche à faire dialoguer la rencontre chez Proust et chez Truffaut). Pourriez-vous me donner quelques conseils ?
    Merci encore pour cette semaine magique. Sincèrement. JF

  10. blogruz a écrit :

    Merci pour cette série et tous ces superbes documents. Ah la réponse de Truff à Charensol !
    Je signale quelques pages truffaldiennes sur mon blog, notamment une hypothèse sur la récurrence de 813 dans ses films. Au-delà de l’allusion alléguée à Leblanc, le nombre n’apparaît qu’après 62, dans la période « hitch », or Hitch lui a donné rendez-vous le 13 août 62 pour les fameux Entretiens, date de son 63e anniversaire, s’écrivant 8/13 aux USA.
    L’hypothèse tourne au fantastique avec le dernier 813 dans « Vivement dimanche ! », adaptation de Charles Williams né un autre 8/13, « film du samedi soir » que ses premiers spectateurs du samedi soir ont précisément vu le 13 août 83, Truff ayant eu la veille la première attaque du mal qui allait l’emporter.
    Ca commence ici:
    http://blogruz.blogspot.com/2008/05/huit-sans.html

  11. Oriane a écrit :

    La « grande traversée » vient de s’achever avec brio…
    Un grand merci aux concepteurs et intervenants de ces émissions, très instructives sur l’homme-cinéma qu’est Truffaut, sur son amour pour les gens et ses remarquables leçons de cinéma. De même, les débats, réunissant des spécialistes passionnés, développent admirablement sur le personnage de Truffaut, mais également sur de grandes questions sur le cinéma actuel.

    De même que l’éducatrice retraitée (commentaire plus au-dessus), j’ai été moi aussi, mais en tant que lycéenne, vivement interéssée par cet échange enregistré au collège avec une classe de quatrième à propos des 400 Coups. Ces réactions personnelles et pertinentes des élèves prouvent qu’il est est encore possible de mettre en place des débats sur le cinéma, ou d’autres arts, à l’école, et d’amener chaque élève à sa propre vision et critique personnelle… Malheureusement, ce genre de travail est plutôt rare dans les collèges…

    Enfin, à propos des dernières émissions d’aujourd’hui, j’ai trouvé très touchante la réaction de Wim Wenders par rapport à Truffaut, par rapport à l’homme qu’il était et ses « yeux reflétant tous ses films », lors du festival de Cannes. Mais les autres interventions étaient également intéressantes, chacun, simple spectateur ou professionnel, pouvant raconter ses souvenirs.

    Le plus frappant, néanmoins, dans cette série d’émissions, est de constater ô combien la mort de François Truffaut a surpris ses proches et admirateurs, et ô combien ils le regrettent aujourd’hui…

  12. Destre a écrit :

    Pourquoi le dernier épisode truffaut n’est-il pas podcastable ?

  13. Catherine Giraud a écrit :

    Un grand merci pour ces Grandes Traversées que j’ai écoutées « la bouche ouverte ». Si être cinéphile signifie voir plusieurs fois les films, alors je le suis et particulièrement concernant le cinéma de Truffaut.
    Gamine de 12 ou 13 ans, j’étais déjà hypnotisée par ses films, sans les comprendre ; puis, je les ai revus lors de leur reprise en salle, et j’y ai plongé et replongé, y trouvant chaque fois quelque chose à découvrir.
    Je ne trouve pas les mots pour qualifier l’immense travail qui a abouti aux Grandes Traversées ; l’interview de ce matin dans « Archives » m’a bouleversée et rappelée à quel point Truffaut me manquait, manquait à énormément de gens.
    Truffaut fait partie de ma vie, ses films, ses livres, ses idées ont une immense influence sur moi, tant sur le plan personnel que professionnel (j’ai d’ailleurs récemment créé ma propre société dans le secteur de la communication, m’inspirant de son modèle, de ses principes dans le cinéma).
    Si je devais ne retenir que quelques mots de ces Traversées, je garderais la « virilité blessée » et la « bienveillance » que je ressens chaque fois que je revois un film de Truffaut (Le Dernier Métro, l’an dernier à la Cinémathèque, salle Henri Langlois, pleine à craquer : j’ai eu le sentiment profond de cette bienveillance à notre égard, à l’égard de ce public nombreux, le sentiment qu’il faisait des films pour nous rendre heureux).
    Je me replongerai souvent dans ces riches Traversées que je me suis empressée d’archiver, comme je reprends souvent la biographie que vous lui avez consacrée et que j’ai lue au moins 4 ou 5 fois.
    Quelque chose sur Truffaut se prépare-t-il à la Cinémathèque ?
    Merci encore.

  14. Serge Toubiana a écrit :

    Merci à vous pour ces réactions très chaleureuses. Elles s’ajoutent à de nombreux SMS, messages et mails. Ce fut un plaisir de remettre Truffaut sur les ondes, pour qu’on l’écoute, pour qu’on débatte de ses films, et pour vérifier qu’il demeure si proche de nous. Chère Juliette, je suis à votre disposition pour évoquer le sujet de votre recherche en littérature (la rencontre chez Truffaut). Vous pouvez me contacter à la Cinémathèque. Je vous souhaite un bel été. S.T.

  15. Renaud BALESTAS a écrit :

    Bravo monsieur Serge Toubiana ! Excellente série de trois heures et demie sur France-Culture, répartie sur cinq jours, consacrée à François Truffaut (1932-1984). Chaque matin, j’ai écouté toutes les émission avec la plus grande attention, retrouvant aussi avec plaisir quelques morceaux d’anthologie que j’avais entendus sur les ondes du vivant de ce grand cinéaste attachant. J’ai tout particulièrement apprécié la deuxième heure, consacrée aux débats. Vous avez rassemblé de nombreux témoignages de personnalités, devenues aujourd’hui relativement âgées [donc avant que malheureusement mais inéluctablement elles ne disparaissent] comme Jean Gruault, Charles Bitsch, Jean Douchet, Jean Narboni, qui ont bien connu François Truffaut en tant que critiques, ou qui ont participé à l’élaboration de certains de ses films. Ce beau travail compléte parfaitement la remarquable biographie que vous avez écrite en compagnie d’Antoine de Baecque, et publiée chez Gallimard. Il restera désormais comme indispensable pour tous ceux qui aiment et s’intéressent à l’oeuvre de François Truffaut. Merci.
    Renaud Balestas, fidèle abonné de la Cinémathèque Française
    Paris, Vendredi 1ér Août 2008

  16. Aleatoir a écrit :

    Bonjour et GRAND MERCI pour cette merveilleuse série que je vais réécouter pendant mes vacances. Dommage que F Culture n’en produise plus guère d’aussi approfondies ! Dommage aussi que Truffaut ne soit plus là pour défendre la CULTURE, tellement en danger actuellement, comme il a défendu la Cinémathèque, avec une douce obstination ! Quelqu’un a posé une question sur le podcast (François). Je me permets d’insérer la réponse que F Culture m’a faite à ce sujet.

    « Bonjour,
    Le podcast n’est proposé que pour la dernière émission diffusée. Néanmoins l’écoute de cette émission (et de nos programmes en général) est disponible jusqu’à un mois.
    Bien à vous,
    Les relations avec les auditeurs »

    Il est évident que ceci fait perdre beaucoup d’intérêt à la méthode, notamment pour une personne qui ne serait tombée sur la série qu’en fin de semaine. Autrefois il existait un échange de cassettes entre les auditeurs de Culture, pourquoi ne pas instaurer un « échange de podcast ».
    Bien cordialement …

  17. Fabrice Eberhardt a écrit :

    Vraiment merci pour cette semaine exceptionnelle.
    Elle laisse l’impression que cet homme qui fut nécessaire est aujourd’hui un ami indispensable, extraordinairement vivant par son oeuvre, toujours présent. Beaucoup de choses ont été dites, passionnantes : son rapport à la transmission, la vulgarisation, l’autorité… Ce qui reste c’est une très belle humanité.

  18. NathB a écrit :

    Bonjour,
    Tout d’abord merci pour ces longues émissions consacrées à Truffaut que j’écoute en continu profitant du temps plus gris.
    Manifestement, Truffaut est le cinéaste sur lequel vous avez le plus travaillé, Monsieur Toubiana, et j’aimerais comprendre pourquoi il a (eu) cette importance pour vous. Merci par avance de satisfaire ma curiosité.
    ps: pour ceux qui souhaitent écouter et enregistrer ces émissions plus longtemps que prévu par FC, c’est très facile. Mobilisez un tout petit peu vos neurones et vous trouverez.

  19. Serge Toubiana a écrit :

    Difficile de vous répondre en quelques lignes. Sans doute parce que j’ai eu la chance de le connaître, d’être moi aussi saisi par son charme et son intelligence. Et surtout, j’ai pensé à une certaine époque qu’il n’avait pas la place qu’il méritait dans la cinéphilie française. je dis française, parce qu’à l’étranger, Truffaut jouissait, et continue de jouir d’un immense prestige. Je l’ai vérifié au Japon, en Italie, aux Etats-Unis. En France, il y a eu des malentendus, vers la fin des années soixante et jusqu’au milieu des années soixante-dix. Je trouvais cela injuste. Et puis, pour dire les choses simplement, quand on a lu les textes de Truffaut, ses textes critiques, ses nombreuses préfaces, on est saisi par son intelligence, sa clarté, sa vivacité. En faisant ces émissions, j’ai vérifié que ses propos étaient toujours d’actualité. Un homme libre, qui pense cinéma. Il n’en existe pas tant que ça…. S.T.

  20. NathB a écrit :

    Merci de votre réponse. C’est amusant parce qu’en quelque sorte elle me conforte dans mon impression : que Truffaut était un homme libre et plein de charme et d’intelligence mais… était-il un si grand cinéaste ?
    Quand vous dites « un homme libre qui pense cinéma, il n’en existe pas tant que ça » je partage totalement votre point de vue mais pensez-vous qu’il a été un réalisateur majeur ? Honnêtement, peu de ses films m’ont impressionnée. La Peau douce est pour moi son meilleur film sans être un chef d’oeuvre pour autant.
    J’ai écouté avec intérêt les propos de Desplechin et avec beaucoup d’émotion ceux de Wenders mais je n’arrive pas à mettre Truffaut sur les plus hautes marches du podium cinématographique.
    La vie n’étant qu’une succession de hauts et de bas, en ce moment c’est Godard qu’on regarde de haut et Truffaut qui est en haut de la vague. Godard est sans aucun doute moins charmant que Truffaut mais sur le plan de l’invention cinématographique il me semble jouer dans un registre bien supérieur.

  21. D'ESTAING a écrit :

    Je ne connaissais pas trop TRUFFAUT, votre émission a été révélatrice. Je roule pas mal pour mon job et chose exceptionnelle, je me suis arrêtée près d’une heure sur une aire d’autoroute pour vous écouter, j’ai été sous le charme et envahie de nostalgie de toute cette époque.
    merci
    Eliane D’ESTAING

  22. Serge Toubiana a écrit :

    Truffaut était-il un grand cinéaste ? C’est la question que vous vous posez. Et vous semblez répondre que non. Mon point de vue est qu’il a fait une oeuvre, un ensemble de films qui forment un tout cohérent, avec des passerelles, des signes qui se renvoient, des personnages qui constituent une « famille », etc, etc. C’est cela la grandeur de Truffaut. Vous citez La Peau douce. J’y ajoute volontiers : Les Quatre Cents Coups, Tirez sur le pianiste (un régal de film B.), Les Deux Anglaises et le Continent, Jules et Jim, L’Homme qui aimait les femmes, La Nuit américaine, La Femme d’à côté, La Chambre verte. Il n’y a guère de « déchets » dans l’oeuvre de Truffaut. La comparaison avec Godard ? Elle ne fonctionne pas. A mon avis, il n’y a pas grand-chose de commun entre ces deux cinéastes. Et Godard est un très grand cinéaste, cela ne fait aucun doute. S.T.

  23. NathB a écrit :

    C’est tout à fait clair qu’il n’y a rien de commun entre Godard et Truffaut, sauf la génération. Ils sont les deux emblèmes de la Nouvelle Vague, voilà pourquoi on les met en parallèle. Mais ça, vous le savez bien.
    Je ne dis évidemment pas que Truffaut était un piètre cinéaste mais je trouve qu’aucun de ses films ne mérite l’étiquette de chef-d’oeuvre ni a apporté de déflagration comme A bout de souffle. En effet, il a fait une oeuvre (ce qui n’est pas rien) mais à mon sens il manque ce petit quelque chose qui fait qu’on passe au niveau « film que j’emporterais sur une île déserte ». Pour moi, Le Mépris est un chef-d’oeuvre, or je ne trouve aucun film de Truffaut dont je puisse dire ça.
    Votre dernière réponse et certains des propos des émissions m’inspirent cette conclusion : en effet, Truffaut n’a jamais fait de film déshonnorant mais pas non plus de chef-d’oeuvre. Godard (désolée de les rapprocher de nouveau) c’est l’inverse : il a fait de sombres machins mais aussi des chefs-d’oeuvre.
    Ce qui est curieux avec Truffaut, c’est que ses critiques et points de vue pouvaient être très durs, impitoyables, alors que dans ses films on ne retrouve pas cette virulence ni ce tranchant. Intuitivement, j’ai cette impression : qu’il y a trop de retenue et d »‘honnête homme » dans ses films, qu’il n’y a pas cette sauvagerie ou cette perversité inhérente aux très grands films.
    En tous cas merci pour ces émissions et cet échange. Et bonnes vacances.

  24. Catherine Giraud a écrit :

    Sans vouloir entrer dans le débat de savoir si Truffaut était ou non un grand cinéaste, car je ne me suis jamais posé la question, je me permets de rappeler que près de 25 ans après sa mort, il suscite encore et toujours le même intérêt pour ne pas dire passion (voir le nombre d’ouvrages publiés pour le 20ème anniversaire de sa disparition) que ce soit chez les spectateurs ou chez les jeunes cinéastes talentueux comme Arnaud Desplechin pour ne citer que lui. Je pense comme Monsieur Toubiana qu’il y a peu de déchets dans son oeuvre qui est véritablement l’expression très personnelle d’un homme, avec ses défauts, ses qualités et je cite une de ses déclarations extraite de sa biographie :  » Je suis convaincu qu’il n’est pas de grands cinéastes qui ne sacrifient quelque chose. Or, le film réussi selon l’ancestrale critique est celui où tous les éléments participent également d’un tout qui mérite alors l’adjectif parfait. Or la perfection, la réussite, je les décrète abjectes, indécentes, immorales et obscènes. » Et il dira aussi, je crois, « un film respire par ses défauts ». C’est en cela qu’il est profondément humain comme tous les personnages de ses films auxquels on s’identifie si facilement, ce qui explique en partie sans doute que l’intérêt du public à son égard ne faiblisse pas.
    J’ajoute que si l’apport de Truffaut est immense, c’est par ses films bien sûr, mais également par ses écrits, ses interviews dans lesquels avec beaucoup de générosité et un grand souci de pédagogie il s’est largement exprimé sur son métier, sur son travail, et sur ses maîtres. Je lui dois aussi, et je lui en suis profondément reconnaissante, de m’être intéressée, grâce à son livre « Les Films de ma vie » à Renoir, Welles, Lubitsch et bien d’autres…ce qui n’est pas rien.

  25. Vince Vint@ge a écrit :

    Je me joins à cette longue série de compliments pour saluer en effet votre travail radio autour de la personnalité fascinante de François Truffaut. C’était comme surprendre Truffaut au travail et c’était fort intéressant. Par exemple, tout le passage sur ‘La Nuit américaine’, film fonctionnant comme une mise en abyme du cinéma (le film dans le film), faisait de l’émission radio un work in progress permettant de saisir ‘de l’intérieur’ le cahier des charges de la machine cinéma. Par ailleurs, les interventions des proches collaborateurs de Truffaut, notamment leur profonde admiration pour ce Monsieur Cinéma et leur émotion toujours vive en évoquant sa mort subite, étaient… fort émouvantes. Un seul regret, pour l’entretien Hitchcock-Truffaut, on entendait trop la voix d’Hitch et pas assez celle de la traductrice. Or, tout le monde n’est pas parfaitement bilingue, sachez-le !

    Concernant Truffaut, je crois que le malentendu dont vous parlez à son égard en France vient du fait qu’on l’a associé au romantisme et cette posture-là, dans le champ de la modernité artistique ou de la contemporéanité, passe pour ringarde, surannée, old school, parce qu’elle est aussitôt associée à une  » religiosité de l’art « . Or, sans tomber dans le cinéma avec un grand C et le lieu commun et stérile de  » l’art pour l’art « , le romantisme est aussi une attitude pour vivre l’art et la vie confondus – quand les attitudes deviennent formes. Il y a de ça chez Truffaut, l’homme qui aimait les femmes et qui ‘faisait faire de jolies choses à de jolies femmes’, selon l’expression fameuse de Jean-Luc Godard. Et votre  » il pense cinéma  » m’évoque ça. Quelqu’un qui mange cinéma matin, midi et soir, comme un Van Gogh ne cessait de penser peinture, loin des tartines littéraires, styles palmes académiques ampoulées, qui n’entrent point dans le corps même du médium peinture. De plus, réduire le cinéma de François Truffaut au romantisme, à une sentimentalité doucereuse et fleur bleue, qu’on opposerait facilement aux  » films-cerveaux  » du conceptuel JLG, me semble être une impasse, une grille de lecture trop étroite pour appréhender ses films. Ainsi, et Carole Le Berre montre cela très bien dans son bouquin, collection  » Auteurs « , elle parle d' »agent double  » (voire trouble !) pour Truffaut et de  » films doubles  » concernant les productions truffaldiennes, il y a un romanesque tranchant chez Truffaut, une sauvagerie prête à surgir d’une apparence aimable, bourgeoise. On a la crudité d’un Bacon venant créer une rustine incongrue sur une toile en à-plats du  » luxe, calme et volupté  » selon Matisse. Le feu couve sous la glace. Une violence abrupte peut tout à coup tomber sur des âmes en apparence calme comme une mer étale de petit déjeuner sur l’herbe. Oui, ce que j’admire chez Truffaut, c’est sa capacité à saisir le tranchant de la vie, l’amour en fuite, la dépression hostile plutôt insaisissable. On voit ça très bien dans des films comme  » La Peau douce « ,  » La Mariée était en noir « ,  » La Femme d’à côté  » ou encore  » La Sirène du Mississippi « . La vie pour Truffaut n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est chaotique, brute de décoffrage, et il arrive à capter cette vibration de l’existence, ce qui n’est pas facile à obtenir dans le cadre d’un film. Jean Renoir savait faire ça aussi. Et Maurice Pialat aussi, bien sûr. La mort de Truffaut, en quelque sorte, a été à l’image de ses films. Violente. Subite. Fugit Amor. Il nous manque.

    En outre, c’est vrai que si on prend chaque film, de manière isolée, je ne suis pas sûr qu’un, en priorité, soit à classer parmi les chefs-d’oeuvre absolus du cinéma. Selon moi, c’est peut-être « Les 2 Anglaises et le continent  » (version intégrale) qu’on pourrait ranger dans cette catégorie-là. Et peut-être  » L’Histoire d’Adèle H « . Mais a-t-il fait UN seul film de l’importance cinématographique de  » Citizen Kane « , des  » Temps modernes « , de  » Rashomon « , de  » 2001 « , de  » Vertigo « , de  » Pierrot le fou « , de  » Blow Up « , de  » Playtime « , de  » Il était une fois en Amérique  » ou du  » Van Gogh  » admirable de Pialat ? Je n’en suis pas sûr. Comme vous le disiez, Serge Toubiana, c’est le TOUT (le corpus de ses films fonctionnant en rhizome, en arborescence) qui constitue l’oeuvre et la démarche truffaldienne. Un Desplechin, actuellement, me semble dans cette veine-là, et de plus en plus, il suffit de voir son dernier film-gigogne,  » Un conte de Noël « , pour s’en convaincre. Je lisais récemment ceci, dans ‘Positif’ sur Antonioni (août 2008), page 26, à propos de Truffaut –  » Dites-moi ce que vous pensez de François Truffaut.  » (Charles Thomas Samuels, interviewer), réponse de Michelangelo Antonioni : –  » Je crois que ses films sont comme une rivière, beaux à voir, à s’y baigner, rafraîchissants au plus haut point, et agréables. Puis, l’eau coule, elle n’est plus là. Du sentiment agréable il reste peu de traces; bientôt, je me sens à nouveau sale et j’ai besoin d’un autre bain. (…) Ses images sont aussi puissantes que celles de Resnais ou de Godard, mais ses histoires sont frivoles. Je suppose que c’est cela que je leur reproche. René Clair aussi racontait des histoires légères, mais elles me touchent davantage. Je ne sais pas pourquoi celles de Truffaut me laissent indifférent. Je ne veux pas dire qu’elles soient dépourvues de signification. Je veux dire juste que la façon dont il raconte ses histoires ne donnent pas grand-chose. Peut-être que les histoires qu’il raconte ne sont pas à mon goût. Peut-être que c’est pour ça. Il n’y a jamais d’image qui vous donne un coup au plexus. J’ai besoin de ces coups. Godard, par contre, nous jette la réalité à la figure et cela me frappe. Mais je ne suis jamais frappé par Truffaut. « 

  26. mhr a écrit :

    Excellente série, beaucoup d’archives en première écoute même pour celui qui suit l’affaire depuis longtemps : existe-t-il un inventaire accessible à tous des documents que possède l’I.N.A.? Par ailleurs, quels sont les critiques des Cahiers jaunes ou Filipacchi qui sont passés au Masque et la Plume ? Je me souviens avoir entendu Eric Rohmer parlant d’Amère Victoire devant Charensol une fois encore dépassé. Existe-t-il un projet de rediffusion ou d’édition des films consacrés à Truffaut, à Dreyer, Pagnol… dans la série Cinéastes de notre temps? J’invite ceux qui continuent à préférer publiquement leurs champions aux champions des autres à prendre connaissance du texte de Lucien Malson, Jugement esthétique, jugement artistique dans les Cahiers du jazz en 2001, cela se trouve en bibliothèque et peut-être même en librairie.

  27. mhr a écrit :

    Lettres de Jean Renoir,le 16 mars 1978:
    Cher François, Votre lettre m’a rendu joyeux au point que je riais tout seul en la relisant. Merci. Je suis un privilégié. Mes parents étaient des gens très bien, la nature m’avait doué d’une robuste santé. Et maintenant que j’arrive à la fin du voyage, voilà que vous apparaissez. Il y a quelque chose de féerique dans nos relations…
    11 août 1978 : Cher François, Je vous mets ce mot sans aucun but pratique. Mon affection vous la connaissez, et je connais la vôtre. Je vous le dis tout haut parce que ça me fait plaisir. C’est comme un petit adieu sur un quai de gare. Il manque l’odeur de suie de la Victoria Station. Vous n’avez besoin de personne pour transporter vos amis dans un monde dont les citoyens sont d’authentiques chevaliers. La Nouvelle Vague rassemble ces barons autour d’une table ronde… Jean Renoir

  28. Nicolas a écrit :

    Bonjour,
    Je suis passionné de cinéma et de l’oeuvre de Truffaut, et je n’ai malheureusement pas pu suivre cette émission.
    J’ai pu trouver celle du 1er août mais pas les autres. Savez-vous si elles sont disponibles en téléchargement?
    Merci d’avance,
    Nicolas

  29. Serge Toubiana a écrit :

    Vous devriez pouvoir les trouver sur le site de France Culture. S.T.

  30. Florence a écrit :

    Beau jour Monsieur Toubiana,
    Il y a peu, lors de l’hommage rendu à Jeanne Moreau, vous mentionniez l’arrivée d’une prochaine rétrospective consacrée à l’oeuvre de Jacques Demy. Est-ce toujours d’actualité ? Ne pensez-vous pas qu’il est grand temps de rendre au maître Demy et à son fidèle public, de grandes salles obscures pour repartir, ensemble, à la conquête des princesses et demoiselles…?
    Bonne journée,
    Florence

  31. Serge Toubiana a écrit :

    L’Intégrale des films de Jacques Demy sort en novembre prochain en coffret DVD aux éditions Arte Vidéo. Magnifique travail effectué par Rosalie Demy, Mathieu Demy et bien sûr Agnès Varda. Du coup, nous reportons à plus tard, dans quelques mois, le projet de rétrospective complète à la Cinémathèque. Je m’y étais engagé. Bonne journée, chère Florence. S.T.

  32. Mélanie a écrit :

    Bonjour M. Toubiana,
    Je n’ai pas pu écouter toutes les émissions et je ne les retrouve pas (en écoute ni en téléchargement) sur le site de France Culture. (elles ne sont pas dans la catégorie Podcast. Savez-vous où je peux les trouver ?
    Je relis la biographie de François Truffaut que vous avez écrite. Encore merci pour cette ouvrage fantastique et merci pour votre travail admirable autour d’un homme admirable.
    Cordialement,
    Mélanie

  33. bosquet a écrit :

    Bonjour,

    Après de vaines recherches sur le site de France Culture, j’ai adressé un mail au service de relation avec les auditteurs pour savoir s’il était toujours possible de télécharger ou d’écouter les émissions sur Truffaut à partir de leur site internet. Voici ce qu’on m’a répondu : « L’émission que vous évoquez n’est disponible sur aucun support. Nous ne pouvons en effet proposer l’écoute de nos programmes que dans la limite d’un mois. Nous regrettons de ne pouvoir répondre à votre demande ».
    Quel dommage !
    Julien.

  34. Claire Givry a écrit :

    Cher Serge Toubiana,

    Un grand merci pour votre « Grande Traversée » avec François Truffaut cet été. Je l’ai faite, chaque jour, avec grand plaisir parmi vos auditeurs fidèles et attentifs : un pur régal cinéphilique et radiophonique.
    Un grand merci également si vous avez aviez aujourd’hui la gentillesse de me faire connaître les références de l’archive diffusée le dernier jour, le 1er août 2008 entre 9h05 et 10 h, et dont je ne retrouve pas trace : il s’agit d’un entretien de François Truffaut enregistré dans le noir (avec qui ? réalisé quand ? dans quel cadre et pour quel producteur ? avec quelle durée ? consultable en archive où ? etc.).
    Je mène en effet un travail en sciences sociales autour de la pratique de l’entretien. Ce jeu de présence/absence que révèle le dispositif mis en place dans cet entretien est passionnant. Là où la relation et l’échange entre l’interviewer et l’interviewé se manifestent par la seule présence sonore de la voix de l’interviewé (ici François Truffaut).
    Cette archive serait-elle aujourd’hui consultable ou disponible quelque part ?

    Bien cordialement.

    Claire Givry

  35. Serge Toubiana a écrit :

    Il s’agit d’une émission : »Les Après-midi de France Culture », enregistrée le 5 mai 1975. S.T.

  36. Benyahia Lydia a écrit :

    Votre blog est nul

  37. walt a écrit :

    Bonjour, je n’ai pas eu la chance d’écouter ces émissions, mais j’ai acheté le cd « Mémoire d’un cinéaste » édité par l’INA. Je voulais savoir où se trouvent les archives de Truffaut, depuis que les Films du Carrosse ont quitté la rue Robert Estienne ? Comment faire pour consulter ces importants manuscrits ? Je vous remercie pour la réponse. Walter – Genès – Italie

  38. Serge Toubiana a écrit :

    La société des Films du Carrosse n’existe plus en effet. Elle a été vendue à MK2 qui gère depuis près de dix ans les droits des films de François Truffaut. Quant aux manuscrits, et plus généralement les archives des Films du Carrosse et de Truffaut, ils sont consultables à la Cinémathèque française (51, rue de Bercy – 75012 Paris).

  39. walt a écrit :

    Bonjour Serge, merci de votre réponse. Je ferai une (ou plusieurs) visite(s) à la Cinémathèque, soit pour visionner des films, soit pour scruter ces manuscrits importants de Truffaut. Je serai à la fin de décembre, jusqu’au 5 janvier à Paris. Est-ce que cela nécessite un rendez-vous pour consulter les archives ? En outre, je vous demande si vous avez pensé à une publication de vos émission sur Truffaut, ou si ce matériel restera dans les archives ? Encore merci pour votre réponse sur le blog ou via mail. A bientôt. Walt – Gênes – Italie

  40. Michel G a écrit :

    J’ai téléchargé vos excellentes émissions consacrées sur FRANCE CULTURE, au cours de l’été 2008 et, ainsi, j’ai pu les réécouter à loisir. Je vous remercie pour le travail que vous avez accompli qui permet d’entendre François TRUFFAUT et de mieux comprendre son oeuvre. En définitive, vous donnez envie de revoir ses oeuvres : c’est donc le meilleur hommage que l’on pouvait rendre à François Truffaut qui, selon votre belle formule, était « l’homme-cinéma ».

  41. Taos Aït Si Slimane a écrit :

    Bonjour,

    Vos très belles émissions seront bientôt disponibles en texte intégral sur Fabrique de sens.
    La première, Truffaut critique est déjà là :

    http://www.fabriquedesens.net/Grandes-Traversees-Truffaut.

    Merci encore

    Cordialement

    Taos Aït Si Slimane

  42. Tietie007 a écrit :

    Curieusement, Truffaut a passé sa vie à se filmer …au travers du personne d’Antoine Doinel, mais aussi au travers de L’homme qui aimait les femmes, avec Charles Denner, qui, évidemment, joue le rôle du réalisateur, qui demandait régulièrement ses actrices en mariage ! La logique ultime de cet égotisme fut Truffaut faire un film sur « Truffaut en train de tourner un film », dans La nuit américaine, oeuvre narcissique à souhait qui mettait d’ailleurs Truffaut un peu en porte à faux par rapport au collectivisme soixantuitard ambiant ! De manière assez singulière, le cinéma français, à part quelques fulgurances libertaires, sera resté assez conformiste, dans ces années 70, très éloigné de l’agitation politique du pré-mitterrandisme, et assez hermétique à toute thématique politique ou idéologique, comme le cinéma italien fut coutumier !

  43. Alfonsi a écrit :

    Bonjour,
    J’ai moi-même beaucou écrit sur François Truffaut. Je me permets de vous signaler aujourd’hui l’existence de mon blog sur mes activités de romancière (notamment par rapport à la parution de mon nouveu roman, les mailles du filet).
    Merci de votre éventuel intérêt : cela fait toujours très plaisir !
    Bien cordialement.
    http://www.romanslaurencealfonsi.centreblob.net

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