Hommage à Lia van Leer, une pionnière

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition à Jérusalem de Lia van Leer, à l’âge de 90 ans, éminente personnalité du monde du cinéma, pionnière dans son pays, Israël, en matière de culture et de patrimoine cinématographique.

Née en 1924 en Roumanie, Lia van Leer s’était installée dès l’âge de seize ans en Palestine, en 1940, fuyant la guerre et l’antisémitisme qui sévissaient en Europe. Avec Wim van Leer qu’elle épousa en 1953, elle fonda en 1955 le ciné-club de Haïfa, base de la future cinémathèque de la ville située géographiquement dans le nord d’Israël. Animé par une commune passion du cinéma, le couple sauva un nombre très important de films, constituant ainsi une collection privée qui servira à jeter les bases de la future Cinémathèque de Jérusalem. En 1960, Lia et Wim van Leer avaient produit Description d’un combat de Chris Marker, documentaire sur un pays en pleine adolescence, Israël, crée à peine douze années auparavant.

Créée en 1960, la Cinémathèque de Jérusalem s’installa en 1981 dans un bâtiment construit aux pieds des murs de la vieille ville, avec le soutien de George Ostrovsky, ami et mécène privé, et du maire de la ville Teddy Kollek. Ouverte à tous les publics, la Cinémathèque de Jérusalem a été et continue d’être un point de ralliement des cinéphiles du monde entier. Lia van Leer s’est évertuée à en faire un espace de dialogue et d’échange entre Israéliens et Palestiniens, un lieu animé par un esprit d’ouverture aux cinémas du monde entier.

Lia van Leer fonda et dirigea le Festival International du Film de Jérusalem, qui se déroule depuis trente ans chaque année en juillet dans la ville. Concernée par la mémoire et le patrimoine cinématographique, elle était également curieuse et découvreuse de nouveaux talents, accompagnant le nouveau cinéma israélien et les jeunes cinéastes venus du monde entier. C’était une femme estimée et reconnue pour son talent, son courage, sa ténacité, son engagement pour la Paix, parlant plusieurs langues et présente tous les ans à Cannes, Berlin et dans les festivals de cinéma du monde entier.

Le 1er novembre 2013, Lia van Leer avait été décorée des insignes d’Officier de la Légion d’Honneur par l’ambassadeur de France en Israël, M. Patrick Maisonnave. De très nombreux amis étaient réunis atour de cette infatigable animatrice passionnée de cinéma. Présent à cette cérémonie, j’étais venu présenter à la Cinémathèque de Jérusalem, ainsi qu’à celles de Haïfa et Tel-Aviv, une carte blanche offerte à la Cinémathèque française, composée de « films de francs-tireurs » : Marcel Carné (Quai des brumes), Jean Grémillon (Lumière d’été), Alain Cavalier (Mise à sac), Maurice Pialat (Van Gogh), Jacques Doillon (Le Premier venu), Philippe Garrel (Liberté la nuit), Jean-Daniel Pollet (L’Acrobate) et Mia Hansen-Love (Tout est pardonné).

 

Une Réponse à “Hommage à Lia van Leer, une pionnière”

  1. Dominique Païni a écrit :

    C’est bien que tu n’aies pas manqué de saluer cette femme avec laquelle j’avais conservé une amitié entretenue au delà de mes « fonctions » dans les cinémathèques… Dominique

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