JE SUIS CHARLIE

Ce qui s’est passé mercredi 7 janvier, à 11h30 au siège de Charlie Hebdo est un événement tragique, d’une gravité considérable. Un meurtre, un assassinat prémédité entrainant la mort de douze personnes : Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, dessinateurs au sein de l’hebdomadaire satirique, Michel Renaud, l’économiste Bernard Maris, la psychanalyste Elsa Cayat, Moustapha Ourrad, correcteur de presse, Frédéric Boissau, agent d’entretien, et deux policiers, Ahmed Berabet et Franck Brinsolaro. Plusieurs blessés graves, parmi lesquels Philippe Lançon, journaliste à Libération.

Charlie Hebdo, c’est tout un symbole. Celui de la liberté d’expression, de la jeunesse, de la dérision, de l’humour, sur tout, y compris sur des sujets « sensibles », celui du talent de ses dessinateurs, autant de personnalités qui, depuis des décennies, ont parfois, souvent, influencé nos sensibilités, nos idées ou notre vision du monde.

Aussi ce drame nous touche-t-il, tous et chacun pris individuellement, au plus profond de nous-mêmes, car il concerne la liberté d’expression, le droit de penser librement, d’oser rire, d’oser se moquer, d’oser dire ce que l’on pense.

Nous pensons à ces douze personnes tuées dans une sauvagerie immonde, à leurs familles, à leurs amis, à leurs proches, et nous nous sentons émus et solidaires.

Ce drame a suscité et continue de susciter une profonde indignation partout en France et dans le monde entier. Hier soir, place de la République, plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles tant et tant de jeunes, se sont rassemblées, allumant des bougies, portant des pancartes – « Je suis Charlie » – manifestant leur solidarité envers Charlie Hebdo. Idem à Toulouse, Lyon, Marseille et ailleurs.

Aujourd’hui nous avions prévu de vous présenter nos vœux pour la nouvelle année. Nous avons décidé de maintenir ce rendez-vous à 12 heures, sur la mezzanine, et nous respecterons tous ensemble, comme partout en France, un deuil national.

La Cinémathèque, l’ensemble de son personnel, le public qui fréquente notre établissement, sont profondément touchés par cet événement. Le Plan Vigipirate mis en place pour assurer la sécurité des personnes, aussi bien le personnel que les visiteurs, sera impérativement respecté, de manière solidaire. Il en est de notre devoir.

Le crime perpétré hier matin aura des conséquences sur nos activités, sur nos mentalités, sur nos esprits. Plus que jamais, nous devons faire preuve de solidarité, faire corps autour de nos projets, de nos valeurs de liberté et de démocratie. Ne pas baisser les bras, ne rien céder, continuer de vivre et de partager notre passion du cinéma.

 

Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, et Serge Toubiana, directeur général

4 Réponses à “JE SUIS CHARLIE”

  1. Chazalon Christophe a écrit :

    Monsieur,

    Laissez moi tout d’abord vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année qui débute le plus étrangement possible.

    Chris Marker aurait sans aucun doute réagit, lui si attentif aux tressaillements de l’Histoire.
    Et c’est en partie le sujet de mon message d’aujourd’hui. Car comme vous le savez peut-être j’ai un petit faible pour l’oeuvre du personnage.
    Aussi, il y a peu, parcourant la toile en quête de découvertes, je suis revenu sur le site de la Cinémathèque française où j’ai pu lire ceci:
    « Au cours de sa première réunion, en juin 2013, le comité scientifique a validé la méthodologie globale du traitement de ces archives, dont la première phase sera constituée par l’inventaire sommaire de l’ensemble du fonds. Cette phase a débuté en septembre 2013. Afin de rendre-compte en toute transparence au public des avancées du traitement, il a en outre été décidé de créer une newsletter périodique spécialement dédiée à Chris Marker et à ses archives. Un premier numéro sera diffusé d’ici la fin de l’année 2013. »
    http://www.cinematheque.fr/fr/musee-collections/actualite-collections/dons-acquisitions/archives-chris-marker-in.html

    Fin de l’année 2013, donc. Rien! Fin de l’année 2014, toujours rien? En ce début 2015, toujours pas la moindre trace des newsletters promises (le texte laissant supposé la multiplicité de ces dernières), Adieu la transparence administrative. Mais peut-être ai-je mal cherché ce compte-rendu par étape. Est-il quelque part? Est-il au point mort? Est-il nul part? Est-il devenu entre-temps secret défense? Est-il mort né et définitivement enterré? Est-il allié des calendes grecques?

    La résolution prise était pourtant des meilleures. Elle est très attendue, au moins par un individu si cela peut servir à la motivation des troupes, avec la plus grande impatience même… mais même l’impatience se fatigue et pas que par l’avancée de l’âge d’un être mortellement vieillissant.

    En effet, en ce jour où le site a été entièrement revu (excepté la partie « Filmographie ») et la collection a été donnée au FmAC de Genève, le temps imparti s’amenuise toujours plus, car, le saviez-vous peut-être pas, la collection (et donc le site) connaîtront une fin d’évolution au 1er janvier 2016, date à laquelle nous stopperons définitivement nos recherches sur ce sujet.

    Si, donc, par aventure, de nouveaux documents fruits du cerveau de Chris Marker apparaissaient à l’occasion de ce sommaire inventaire, ils pourraient encore être intégrés aux deux entités, physique et numérique, précitées pour le plus grand bénéfice de tout un chacun.

    C’est donc, après ce bien long message et dans l’attente de votre réponse, que je vous prie d’agréer, Monsieur le directeur, mes salutations les meilleures.
    CH2

  2. serge toubiana a écrit :

    Cher Christophe Chazalon, je vous remercie pour vos voeux, et vous souhaite à mon tour une belle année. A propos de Chris Marker, je ne peux que vous donner raison. Je m’étais engagé à faire paraître, régulièrement, une newsletter rendant compte du travail d’inventaire du « Fonds d’archives Chris Marker »: cela n’a pas été fait. L’idée reste bonne, utile, aussi allons-nous tout faire pour qu’elle paraisse au plus vite. Le « comité scientifique » se réunit régulièrement, le travail d’inventaire avance, et nous comptons d’ailleurs vous convier prochainement à une de nos réunions. Avec mes salutations amicales, Serge Toubiana.

  3. dumont fabrice a écrit :

    Bonjour,

    Habitant à Bruxelles, couple franco-belge, nous avons décidé de passer Noël à Paris avec nos deux petites filles. Une pause magique comme cadeau, sa magie des lumières, au pays des lumières, avant que la mamie n’emporte ses petites filles pour la Bourgogne, pour quelques jours de vacances.
    Donc, ce 25 décembre, tôt le matin, dans un appartement loué dans le Marais, le père Noël a déposé une série de cadeaux à notre petite Rose et notre Suzanne… c’est chouette Noël à Paris. La mamie nous rejoint un peu plus tard, nous empaquetons les cadeaux dans un bon grand sac à dos pratique et nous partons en balade avant que les filles et la grand-mère ne prennent le TER à la gare de Bercy. La mamie avait gardé une dernière surprise dans son sac à malice: une film de charlot à la Cinémathèque, magnifique idée si ce n’est que … Nous nous sommes vu INTERDIT l’entrée de l’institution, pour cause de sac trop gros, nos sacs trop gros de cadeaux a fait de nous des parents dangereux, mais aussi des parents pris au dépourvu d’une réglementation à laquelle se soumettent sans broncher une institution et ceux qui y travaillent, institution qui à mes yeux, jusqu’à ce jour-là, symbolisait culture et intelligence … Je ne vous remercie pas de suivre aussi bêtement le mouvement de la peur plutôt que de l’intelligence. Ne me dites pas que c’est indiqué sur votre site, qu’il y a des affichettes, ça ne change rien au fond … Ne me dites pas non plus que c’est le ministère qui impose, ça ne change rien au fond.

    Dans le fond, êtes-vous si Charlie que ça ?

    Bien à vous.

    Fabrice Dumont

  4. serge toubiana a écrit :

    Cher Monsieur, cette réglementation a pour nom Vigipirate, pour les raisons que vous savez. Nous appliquons ce plan dans le but de protéger le public qui fréquente notre établissement, ainsi que le personnel. Désolé que vous en ayez été la victime, avec votre famille, mais il est vital pour nous de respecter une consigne qui s’applique à tous les lieux publics, dans le cadre de l’état d’urgence. Cordialement, Serge Toubiana.

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